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Au Brésil, la police fédérale recommande l’inculpation de Bolsonaro pour projet de “coup d’État”

La police fédérale brésilienne a recommandé, jeudi, l’inculpation de l’ex-président d’extrême droite Jair Bolsonaro, pour une tentative présumée de coup d’État destiné à empêcher le retour au pouvoir de son successeur Lula après le scrutin de 2022. L’ancien chef de l’État a accusé le juge en charge de l’enquête d’agir en dehors de la loi.

La police fédérale brésilienne a déclaré, jeudi 21 novembre, qu’elle accusait formellement l’ancien président Jair Bolsonaro de faire partie d’un groupe de 37 personnes – comprenant également l’ancien ministre de la Défense Braga Netto – ayant été à l’origine d’une tentative avortée de putsch à la suite de la défaite électorale du dirigeant d’extrême droite en 2022.

Cinq personnes, dont un ancien membre du cabinet de Jair Bolsonaro, ont été arrêtées mardi par la police car soupçonnées d’être impliquées dans un complot visant à assassiner Luiz Inacio Lula da Silva, victorieux de l’élection présidentielle d’octobre 2022, quelques jours avant sa prise de fonction en janvier 2023. Une source policière a déclaré plus tôt jeudi que l’enquête désignait Jair Bolsonaro comme un acteur clé du complot.

“La Police fédérale a conclu ce jeudi l’enquête sur l’existence d’une organisation criminelle qui a agi de façon coordonnée en 2022, dans la tentative de maintien du président de l’époque au pouvoir”, détaille ce communiqué. “Le rapport final a été envoyé à la Cour suprême, avec la demande d’inculpation de 37 personnes pour les crimes d’abolition violente de l’État démocratique de droit, coup d’État et organisation criminelle.”

Plusieurs anciens ministres également visés
Le juge Alexandre de Moraes “fait tout ce que ne dit pas la loi”, a écrit sur X l’ancien président d’extrême droite Jair Bolsonaro.

En dépit de l’inéligibilité prononcée à son encontre, jusqu’en 2030, Jair Bolsonaro entend toujours se présenter à l’élection présidentielle de 2026. Les accusations de la Police fédérale représentent un revers pour ses projets.

Le rapport d’enquête de la Police fédérale devra ensuite être remis par la Cour suprême au bureau du procureur général, qui devra décider sur cette base s’il y a lieu ou non d’engager des poursuites contre l’ancien chef de l’État (2019-2023).

La liste des 37 personnes dont les enquêteurs ont recommandé l’inculpation comprend également d’anciens ministres du gouvernement Bolsonaro, dont celui de la Défense, Walter Braga Netto, qui était également son candidat à la vice-présidence en 2022.

Le général Augusto Heleno, ex-ministre du Cabinet de sécurité institutionnelle, qui était considéré comme l’éminence grise de l’ex-président, et Alexandre Ramagem, qui était le chef des services de renseignement sous son mandat, sont également visés.

Opération “poignard vert et jaune”
Mardi, une opération policière liée à cette vaste enquête s’était soldée par l’arrestation de quatre militaires et d’un policier. Ils sont soupçonnés d’avoir fomenté un projet d’assassinat de Luiz Inacio Lula da Silva, après la victoire du champion de la gauche en 2022.

L’un des suspects interpellés est le général de réserve Mario Fernandes, proche collaborateur de Jair Bolsonaro durant son mandat. Il figure parmi les 37 personnes dont la police a demandé jeudi l’inculpation, comme deux autres hauts gradés arrêtés avec lui, sans que l’on sache pour l’heure si c’est en lien avec ce supposé projet d’assassinat.

Leur plan, intitulé “Opération poignard vert et jaune” (couleurs du drapeau brésilien), prévoyait aussi de tuer le vice-président élu Geraldo Alckmin et le juge Moraes, selon les enquêteurs. L’empoisonnement aurait été l’une des méthodes envisagées.

“Je dois être très reconnaissant puisque je suis en vie. La tentative de nous empoisonner, moi et Alckmin, n’a pas marché”, a déclaré Lula jeudi lors d’une cérémonie officielle. “Nous avons besoin de construire ce pays sans persécution, sans incitations à la haine ni discorde”, a-t-il lancé.

 

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