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Au moins un million d’Ukrainiens sans électricité après une “attaque massive” russe

Au moins un million d’Ukrainiens étaient privés de courant jeudi matin après une nouvelle attaque aérienne massive russe contre les infrastructures énergétiques du pays. Mardi, la Russie avait annoncé une “réponse” à deux nouvelles frappes ukrainiennes réalisées à l’aide de missiles américains ATACMS contre son territoire les jours précédents.

L’Ukraine a fait état tôt, jeudi 28 novembre, d’une “attaque massive” russe contre ses infrastructures énergétiques et dit avoir dû procéder à des délestages, notamment à Kiev, à un moment où l’armée russe intensifie sa pression sur le pays.

Serguiï Kovalenko, le patron d’une des sociétés de fourniture d’électricité, Yasno, a indiqué sur Facebook qu’il y avait des “coupures d’urgence dans tous le pays à cause de l’attaque de l’ennemi”. Selon lui, l’énergéticien Ukrenergo prévoit des coupures de courant jusque dans la soirée.

Le gouverneur de la région de Lviv a fait état de “523 000 abonnés sans électricité à cause des frappes matinales”.

Les autorités régionales de Rivné ont déclaré que 280 000 personnes étaient privées d’électricité, et que des coupures d’eau courante étaient également recensées. “Tous les services compétents travaillent à l’élimination des conséquences de l’attaque”, a indiqué sur Telegram le gouverneur, Oleksandre Koval.

Dans la région voisine de Volyn, 215 000 habitants sont plongés dans le noir, selon le gouverneur. La région occidentale d’Ivano-Frankivsk, tout comme celle de Khmelnytsky, dans le centre de l’Ukraine, ont aussi fait état de coupures de courant, mais n’ont pas chiffré la population affectée.

Dans le sud du pays, le maire de Mykolaïv, Oleksandre Senkevytch, a annoncé que les tramways et les trolleybus ne roulaient pas du fait des coupures, et les écoles resteront fermées jeudi.

Les régions d’Odessa et de Kherson visées
Une alerte aérienne a été déclenchée à l’échelle de tout le pays, l’armée de l’air ukrainienne faisant état de tirs de missiles visant notamment les régions d’Odessa (Sud), de Kirovograd (centre), de Kherson (Est) et de Mykolaïv (Sud).

Mardi, la Russie avait annoncé une “réponse” à deux nouvelles frappes ukrainiennes réalisées à l’aide de missiles américains ATACMS contre son territoire les jours précédents.

La Russie pilonne des zones civiles à travers l’Ukraine depuis le début de son invasion à grande échelle du pays en février 2022 et a accentué ses frappes à l’approche de l’hiver, ciblant notamment les infrastructures énergétiques.

De son côté, le ministère russe de la Défense a affirmé avoir détruit dans la nuit 25 drones ukrainiens au-dessus de la région de Briansk, proche de la Biélorussie, de la Crimée et de la région de Rostov (Sud).

Sur le front, Moscou engrange les gains territoriaux face à une armée ukrainienne affaiblie, à moins de deux mois de la prise de fonction du président élu américain.

Crise “existentielle”
Mercredi, l’administration du président sortant Joe Biden a appelé Kiev à abaisser l’âge minimum pour la mobilisation militaire à 18 ans au lieu de 25 ans actuellement pour compenser le manque de soldats face à l’avancée des forces russes sur le terrain.

Cet appel intervient alors que Donald Trump pourrait adopter une nouvelle approche et pousser Kiev à négocier avec Moscou.

Un haut responsable de l’actuelle administration américaine a déclaré mercredi sous couvert de l’anonymat que l’Ukraine faisait face à une crise “existentielle” dans le recrutement, avec une réserve de volontaires en baisse, face à un ennemi aux forces plus nombreuses et mieux équipées.

“La vérité, c’est que l’Ukraine ne mobilise et n’entraîne actuellement pas assez de soldats pour remplacer les pertes sur le champ de bataille et se maintenir face à l’accroissement des forces russes”, a-t-il déclaré.

Kiev a déjà abaissé cette année l’âge minimum pour la mobilisation de 27 à 25 ans. La Maison Blanche a précisé mercredi que l’aide militaire américaine ne serait en aucun cas conditionnée à un nouvel abaissement.

“Nous allons absolument continuer d’envoyer des armes et de l’équipement à l’Ukraine. Nous savons que c’est vital. Mais les effectifs humains le sont tout autant”, a déclaré dans un communiqué le porte-parole de la Maison Blanche, John Kirby.

“Nous rendrons l’Amérique et le monde sûrs à nouveau !”
De son côté, Donald Trump a annoncé mercredi nommer l’ex-général Keith Kellogg, 80 ans, qui a appelé Kiev à plusieurs concessions, comme émissaire pour mettre fin à la guerre entre l’Ukraine et la Russie.

“Ensemble, nous obtiendrons la paix par la force et nous rendrons l’Amérique et le monde sûrs à nouveau !”, a écrit le président élu dans une publication sur son réseau Truth Social.

Très critique des milliards de dollars débloqués par les États-Unis pour l’Ukraine, Donald Trump a promis de régler la guerre entre Kiev et Moscou avant même de prêter serment en janvier – sans jamais expliquer comment.

Dans une note publiée en avril, Keith Kellogg avait souligné que “toute future aide militaire américaine exigera de l’Ukraine qu’elle participe à des pourparlers de paix avec la Russie”.

Il avait également appelé à “reporter l’adhésion de l’Ukraine à l’Otan pour une période prolongée” afin de “convaincre (le président russe Vladimir) Poutine de participer aux pourparlers de paix”.

La Russie bénéficie dans sa percée actuelle de l’aide de la Corée du Nord, qui, selon les autorités américaines, a déployé des milliers d’hommes et fournit des armes à Moscou.

Dans ce contexte, la Corée du Sud et l’Ukraine ont convenu de partager leurs informations sur le déploiement de troupes nord-coréennes en Russie, a annoncé Séoul mercredi.

 

 

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