
Mardi soir, dans une allocution télévisée inattendue, le président Yoon Suk-yeol a justifié l’instauration de la loi martiale comme une réponse nécessaire face aux « forces communistes nord-coréennes » et à une opposition parlementaire qu’il accuse de paralyser le gouvernement. « Grâce à cette mesure, je protégerai la Corée libre des éléments hostiles à l’État », a-t-il déclaré.
Dans un contexte tendu de débats houleux sur le budget, cette décision a immédiatement provoqué un tollé. Les opposants, qualifiant cette mesure d’illégale, ont mobilisé l’opinion publique, entraînant des manifestations massives dans la capitale Séoul.
Mobilisation populaire et volte-face
Face à la pression croissante, Yoon Suk-yeol a fait machine arrière dès les premières heures du 4 décembre. « Nous avons accédé à la demande de l’Assemblée nationale et levé la loi martiale », a-t-il annoncé dans un discours télévisé. Les troupes, déployées pour sécuriser le Parlement, ont quitté les lieux.
Cependant, ce revirement n’a pas suffi à apaiser la colère. Des milliers de manifestants ont afflué devant le Parlement, scandant des slogans contre le président. Les images des hélicoptères survolant le bâtiment ont marqué les esprits, symbolisant une tension sans précédent.
L’opposition, menée par le Parti démocrate, a rapidement exigé la démission de Yoon Suk-yeol. « Même si la loi martiale est levée, il est impossible d’éviter les accusations d’insurrection », a déclaré Park Chan-dae, une figure clé du parti.
Le principal syndicat du pays, la Confédération des syndicats coréens, a lancé un appel à une grève générale illimitée, accusant le président de mettre en péril la démocratie. Parallèlement, des députés d’opposition ont engagé une procédure pour le destituer.
Un président isolé
La communauté internationale a suivi l’évolution de la situation avec inquiétude. Washington a salué la levée rapide de la loi martiale, tout en appelant au respect de l’État de droit. De son côté, le Japon a exprimé une « préoccupation exceptionnelle », surveillant de près les éventuelles répercussions régionales. En interne, le président subit également des pressions de son propre camp. Plusieurs collaborateurs clés, dont son chef de cabinet, ont démissionné en masse, accentuant l’isolement de Yoon Suk-yeol.


