
« La présence militaire française dans les pays de l’ancien pré-carré est en sursis. Il reste la base de Port-Bouët à Abidjan, celle de Djibouti et dans une certaine mesure les éléments au Bénin ». Ces mots du général Babacar Gaye traduisent une réalité qui prend forme depuis plusieurs années. Si des bases françaises subsistent, notamment à Port-Bouët en Côte d’Ivoire ou à Djibouti, leur avenir reste pourtant incertain.
L’Afrique qui tourne la page de la coopération française
Le général souligne l’impact stratégique d’un désengagement total de la France en Afrique francophone. Il rappelle que certaines personnalités politiques françaises, comme l’ambassadeur Gérard Araud, ont déjà recommandé une révision complète des relations entre la France et ses anciennes colonies, y compris une fermeture des bases militaires pour refonder ces liens sur de nouvelles bases.
« Depuis la Résolution 2719 du Conseil de sécurité de décembre 2023, les opérations de paix de l’Union africaine peuvent être financées par les Nations unies. J’espère que notre Organisation continentale se penchera sérieusement sur les drames du Sahel et du Soudan, qui restent liés. »
Pour le général Gaye, le retrait des troupes françaises ne remet pas en cause leur engagement ni leur valeur sur le terrain : « Le départ des troupes françaises ne remet pas en cause leur valeur, leurs efforts et leur sacrifice. Il est le symbole d’une page qui se tourne. » Cependant, il nuance en ajoutant que, dans certains cas, cette page « se déchire plus qu’elle ne se tourne ». Le retrait militaire s’accompagne de défis complexes, notamment dans les zones où des acteurs non étatiques, comme les groupes armés terroristes, gagnent du terrain.
L’ombre de Wagner
Le général Babacar Gaye met également en garde contre la montée en puissance des paramilitaires russes du groupe Wagner dans des régions comme le Sahel. Il déplore qu’un État puisse en arriver à dépendre de sociétés de sécurité privée pour garantir sa souveraineté, comme il l’avait déjà exprimé en 2021 dans une interview à Jeune Afrique .
Pour le général, la situation au Sahel illustre les limites de l’approche actuelle. Il appelle à une intervention renforcée des organisations internationales et africaines pour stabiliser la région. « Depuis la Résolution 2719 du Conseil de sécurité de décembre 2023, les opérations de paix de l’Union africaine peuvent être financées par les Nations unies. J’espère que notre Organisation continentale se penchera sérieusement sur les drames du Sahel et du Soudan, qui restent liés. »


