
Ces deux juges, connus pour avoir présidé des affaires sensibles liées à la sécurité nationale, au terrorisme et à l’espionnage, étaient respectivement les chefs des branches 39 et 53 de la Cour suprême. « Ces assassinats sont un choc pour le système judiciaire iranien, un bastion symbolique de la République islamique », a déclaré Asghar Jahangir, porte-parole du pouvoir judiciaire.
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Un lieu ultra-protégé pris pour cible
L’assaillant, identifié comme un employé de la Cour suprême, a utilisé une arme de guerre pour pénétrer l’enceinte ultra-sécurisée. Selon Mizan Online, cet homme ne faisait pas l’objet d’un procès en cours et ses motivations restent inconnues. Une enquête approfondie est en cours pour déterminer les circonstances de cet acte rare en Iran.
« Ce double meurtre est sans précédent dans l’histoire récente de notre système judiciaire », a commenté un expert local. La qualification d’« acte terroriste » par les autorités souligne la gravité de l’incident.
Les deux juges assassinés avaient une longue carrière marquée par des décisions controversées. Mohammad Moghisseh, 68 ans, était sanctionné depuis 2019 par les États-Unis pour son rôle dans des procès jugés « inéquitables ». Ali Razini, 71 ans, avait une carrière influente, notamment dans les affaires impliquant les Moudjahidines du peuple, un mouvement d’opposition interdit.
Ce n’était pas la première fois que Razini était ciblé : en 1998, il avait survécu à une tentative d’assassinat. « Leur mort reflète les tensions qui entourent certaines figures clés du pouvoir judiciaire », a analysé un observateur.
Cet assassinat s’ajoute à d’autres attaques récentes visant des personnalités influentes du clergé chiite et de la justice iranienne. En avril 2023, un membre de l’Assemblée des experts, organe chargé de superviser le guide suprême, avait été tué dans le nord de l’Iran. Ces incidents soulèvent des questions sur les failles dans la sécurité des institutions et sur les tensions internes au sein de la République islamique.
Les réactions officielles et publiques affluent face à cette attaque. Les autorités ont promis de faire toute la lumière sur cette affaire. « Nous ne reculerons pas face à ceux qui cherchent à affaiblir nos institutions », a affirmé un porte-parole du gouvernement.
En attendant les résultats de l’enquête, ces assassinats mettent en lumière les vulnérabilités d’un système judiciaire fortement politisé, tout en ravivant les débats sur la sécurité au sein des institutions iraniennes.


