Un petit vent de panique souffle sur les producteurs européens d’alcools. Jeudi 13 mars, le président américain Donald Trump menaçait de porter à 200 % les droits de douane sur les vins et spiritueux européens. Depuis, c’est l’incertitude, alors certains préfèrent anticiper. C’est notamment le cas en Belgique, ou quelques brasseries ont décidé d’envoyer le plus de stock de bières possibles dès maintenant.
Dans cette brasserie familiale qui produit la célèbre bière Delirium, 20 conteneurs remplis de bières, soit près de 300 000 litres, sont partis pour les États-Unis ces derniers jours. Interrogé par la chaîne flamande VTM, le PDG Alain de Laet préfère anticiper une éventuelle hausse des tarifs douaniers.
« C’est peut-être une réaction de panique, mais il est très important de pouvoir faire entrer autant de bières que possible le plus rapidement possible », explique Alain de Laet. « Nous espérons arriver à temps pour devancer Monsieur Trump, car tout ce qui est en mer en ce moment a encore une chance de réussir à passer. »
Une bouteille de bière pouvant coûter jusqu’à 18 dollars
Si ces derniers augmentaient, le prix d’une bouteille de Delirium pourrait tripler, passant de 6 à 18 dollars. Une telle augmentation risquerait de perturber sérieusement les échanges entre les deux pays, comme le souligne Krishan Maudgal, directeur de la Fédération des brasseurs de Belgique.
« Si les 200 % vont s’appliquer, cela va carrément terminer entièrement le mouvement des exportations vers les États-Unis. Espérons pendant une période limitée. Je trouve cela décevant, parce qu’au niveau d’image, nous sommes encore considérés pour les consommateurs américains comme la référence. »
Impact limité sur le marché belge
Cependant, l’impact sur le marché belge devrait rester limité. « Le marché américain, c’était vraiment un marché très important pour les exportations des bières belges dans les années 1990, début 2000. Maintenant, le marché américain n’est plus vraiment le marché prioritaire », temporise Krishan Maudgal.
En 2023, les États-Unis ne représentaient en effet que moins de 2 % du volume total des exportations de bières belges dans le monde.



