Aux États-Unis, à un peu plus de sept mois des élections de mi-mandat, les autorités de la concurrence ont validé la fusion de deux des principaux réseaux de télévisions locales. Nexstar, le numéro un du secteur, rachète son concurrent Tegna pour un peu plus de 6 milliards de dollars.
Le ministère de la Justice et la FCC, le puissant gendarme de la concurrence, ont approuvé le rachat de Tegna par Nexstar. Ils ont pour cela levé l’interdiction qui empêche normalement un seul propriétaire de chaînes de toucher plus de 40 % des foyers américains. Avec cette acquisition, Nexstar aura entre les mains 265 chaînes de télévisions locales à travers le pays, lui permettant de toucher 80 % des foyers aux États-Unis.
Le patron de Nexstar Perry Sook s’est empressé de remercier Donald Trump d’avoir permis ce deal. Un accord qui deviendra effectif à partir du mois d’août 2026. Il faut dire que le patron n’a pas attendu pour donner des gages de fidélité au président américain : en 2025, c’est lui qui avait décidé de suspendre d’antenne le comédien Jimmy Kimmel pour une remarque qui avait déplu à la Maison Blanche.
Des opérateurs opposés à la fusion
Plusieurs opérateurs s’opposaient toutefois à la fusion. Le groupe concurrent EchoStar considère ainsi que la fusion donnerait naissance à un géant des médias capable d’uniformiser les informations, d’imposer ses choix éditoriaux et de faire disparaître la diversité politique sur les ondes locales. Une coalition d’intérêt public, « State Cable Petitioners », s’y oppose également, estimant que la fusion réduirait la production d’informations locales et permettrait à Nexstar d’imposer des contenus reflétant sa propre ligne politique.
Avec ce rapprochement, la concentration des médias entre les mains de proches de Donald Trump accélère encore. Paramount a récemment racheté la maison mère de HBO et de la chaîne d’information CNN. Leurs rédactions ont de quoi s’inquiéter au vu de la mise au pas et du virage éditorial brutal de CBS, racheté en 2025.



