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La diva libanaise Fairouz, voix d’un pays meurtri par la guerre, célèbre ses 90 ans

La chanteuse libanaise Fairouz a fêté jeudi son quatre vingt-dixième anniversaire. Alors que son pays, le Liban, est meurtri par la guerre entre Hezbollah et Israël, les réseaux sociaux ont rendu hommage à une icône qui, adulée par toutes les générations, n’a eu de cesse de chanter le Liban, l’amour, la liberté et la Palestine.

Dernière légende vivante de la chanson arabe, Fairouz a soufflé ses 90 bougies, jeudi 21 novembre, alors que son pays, le Liban qu’elle a tant célébré, est plongé dans une guerre meurtrière entre le Hezbollah et Israël.

Les internautes ont enflammé la Toile en diffusant les chansons de la diva, rare symbole d’unité nationale dans le pays divisé, alors que les médias de tous bords lui rendaient hommage.

En 2020, le président français Emmanuel Macron, en visite à Beyrouth, s’était rendu au domicile de Fairouz et l’avait décorée de la Légion d’honneur.

“À celle qui incarne l’âme de cette région avec dignité, un bel anniversaire”, a-t-il écrit jeudi sur son compte Instagram.

“La voix de Fairouz est mon pays”, a pour sa part écrit sur Facebook le célèbre compositeur libanais Marcel Khalifé.

Après s’être produite pendant plus d’un demi-siècle de Beyrouth à Las Vegas, en passant par Paris et Londres, la star n’apparaît plus en public depuis plus d’une décennie.

“Quand vous regardez le Liban aujourd’hui, vous voyez qu’il ne ressemble aucunement au Liban que je chante”, regrettait la diva dans une interview au New York Times en 1999, faisant allusion aux décennies de guerres et de destructions.

Chants patriotiques
Au plus fort de la guerre civile, elle avait chanté “Je t’aime, Ô Liban, mon pays” (“Bhebbak ya Lebnan”), une chanson devenue iconique. Fairouz a exalté son Liban natal mais également l’amour, la liberté et la Palestine.

Elle a donné vie aux paroles de grands poètes arabes – les Libanais Khalil Gibran, Saïd Akl ou l’Égyptien Ahmed Chawqi –, tandis que ses chants patriotiques se sont incrustés dans la mémoire des Libanais et du reste du monde arabe.

Nouhad Haddad de son vrai nom, elle est née en 1934 dans une modeste famille chrétienne qui habitait le quartier beyrouthin de Zokak el-Blatt, visé lundi par une frappe israélienne.

C’est le compositeur Halim el-Roumi, impressionné par son engagement à la radio, qui lui donne son surnom.

Dans les années 1950, elle épouse le compositeur Assy Rahbani qui, avec son frère Mansour, révolutionne la chanson et la musique arabe traditionnelles en mêlant morceaux classiques occidentaux, russes et latino-américains à des rythmes orientaux, sur une orchestration moderne.

C’est après ses premiers concerts au Festival international de Baalbeck, au milieu des ruines de ce site libanais antique près duquel s’abattent actuellement les bombes israéliennes, que la carrière de Fairouz s’envole.

Adulée par les aînés, elle devient l’icône des jeunes lorsque son fils Ziad, enfant terrible de la musique libanaise, lui composera des chansons influencées par des rythmes de jazz.

 

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