Dimanche 16 mars, la frontière entre le Liban et la Syrie, près de Hermel (nord de la Békaa), a été le théâtre d’une « escalade dangereuse , selon les termes du ministère syrien de la Défense.
Des affrontements entre des habitants libanais, majoritairement chiites et proches du Hezbollah, et des forces armées syriennes ont fait au moins 6 morts (3 Libanais, dont un enfant, et 3 soldats syriens) et plusieurs blessés. Des tirs de mortiers et des bombardements ont secoué la zone, poussant des centaines de civils à fuir vers Hermel, rapporte Sarah Abdallah, correspondante locale.
L’incident d’al-Qasr : Infiltration repoussée, premières victimes
L’après-midi, un premier accrochage éclate près du village frontalier d’al-Qasr. Quatre hommes armés, probablement membres des nouvelles forces de sécurité syriennes, tentent de s’infiltrer au Liban. Ils sont repoussés par des combattants de clans locaux. « Deux Libanais sont tués, deux autres blessés. La Croix-Rouge les évacue vers les hôpitaux de Baalbeck », précise Sarah Abdallah. La nuit suivante, des obus syriens s’abattent sur plusieurs localités (Machrafé, Kaouakh, Sahlet el-May…), tuant un enfant et blessant quatre civils.
« Les familles se réfugient à Hermel avec le strict minimum. Personne ne sait quand ils pourront rentrer », décrit la correspondante locale. Un habitant de Machrafé confie : « Les tirs viennent de partout. Nos maisons tremblent, nos enfants pleurent… La guerre est à notre porte ».
La tension culmine lorsque la Croix-Rouge libanaise découvre trois corps près du remblai frontalier de Qasr. Transportés à l’hôpital de Hermel, ces dépouilles sont identifiées comme celles de soldats syriens. Le ministère syrien de la Défense monte au créneau : « Des combattants du Hezbollah ont piégé, enlevé et exécuté trois de nos soldats à l’ouest de Homs. Nous prendrons des mesures », déclare-t-il via l’agence Sana. Les corps sont finalement rendus à la Syrie via le poste-frontière de Joussi, sous supervision de l’armée libanaise.
Le Hezbollah dément : « Aucune implication »
Le Hezbollah rejette catégoriquement les accusations. Dans un communiqué, le mouvement chiite affirme « n’avoir aucun lien avec ces incidents ou avec des opérations en territoire syrien ». Une position en contradiction avec des témoignages locaux évoquant des combattants du parti impliqués dans les affrontements. La chaîne Al-Arabiya rapporte par ailleurs que l’armée syrienne « renforce ses positions à la frontière », alimentant les craintes d’une riposte.
Les bombardements ont provoqué un exode massif des villages frontaliers. « Les familles se réfugient à Hermel avec le strict minimum. Personne ne sait quand ils pourront rentrer », décrit la correspondante locale. Un habitant de Machrafé confie : « Les tirs viennent de partout. Nos maisons tremblent, nos enfants pleurent… La guerre est à notre porte ».



