En Iran, le site nucléaire de Natanz et des dizaines de bases de missiles ont été visés dans la nuit de vendredi 20 à samedi 21 mars par des frappes massives. La République islamique, qui accuse les États-Unis et Israël d’en être les auteurs, a répliqué et a bombardé le sud d’Israël, dont la ville de Dimona, qui abrite un complexe nucléaire. Les secours israéliens ont dénombré une centaine de blessés, selon un bilan provisoire.L’Iran a accusé samedi 21 mars les États-Unis et Israël d’avoir frappé le site nucléaire de Natanz dans la quatrième semaine d’une guerre sans perspective de fin imminente.
« Suite aux attaques criminelles perpétrées par les États-Unis et le régime sioniste usurpateur contre notre pays, le complexe d’enrichissement de Natanz a été ciblé ce matin », a déclaré l’Organisation iranienne de l’énergie atomique, précisant qu’« aucune fuite de matières radioactives n’avait été signalée » dans la zone. Le directeur de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi, « informé par l’Iran » de cette frappe, a appelé « à la retenue militaire afin d’éviter tout risque d’accident nucléaire. »
Des images satellites relayées par des médias israéliens
Du côté d’Israël, c’est silence radio ou presque, rapporte notre correspondant à Jérusalem, Michel Paul. On se montre très discret sur la nature des cibles, mais les images satellites relayées par des médias israéliens parlent d’elles-mêmes. Une opération conjointe entre Israël et les États-Unis qui a visé le cœur du programme nucléaire iranien : le complexe de Natanz. L’objectif est clair : murer le régime dans ses propres bases. En frappant les entrées des tunnels et les accès montagneux, les alliés ont neutralisé, selon les experts, près de 80 % des accès aux silos de missiles.
La volonté d’éliminer la menace nucléaire iranienne est un objectif assumé par le président américain Donald Trump depuis le début de l’offensive, le 28 février. Les Occidentaux soupçonnent la République islamique de vouloir se doter de la bombe atomique, ce qu’elle dément.
L’Iran réplique et bombarde Dimona en Israël, qui abrite un complexe nucléaire
Parallèlement, le front Nord s’embrase de nouveau. L’aviation israélienne a pilonné ce matin plusieurs quartiers de Beyrouth et de Tyr, ciblant les bastions du Hezbollah selon un communiqué de l’armée israélienne. Sur le terrain, l’heure est à l’offensive. Le ministre de la Défense, Israel Katz, l’a martelé : dès demain, l’intensité des frappes va encore monter d’un cran et cela particulièrement en Iran.
Mais un nouveau palier de tension a été franchi dès ce soir avec des frappes iraniennes. Pour la première fois, Dimona, en plein désert du Néguev, la ville qui abrite le complexe nucléaire israélien, a été la cible d’au moins huit salves de missiles balistiques iraniens.
Aucune information à ce stade sur d’éventuels dégâts sur la centrale, mais les services de secours confirment toutefois un impact direct dans une zone résidentielle faisant une cinquantaine de blessés. L’armée israélienne a d’ores et déjà reconnu l’échec d’un intercepteur et ouvert une enquête. Une autre salve a été tirée dans la soirée. Un missile a touché la ville d’Arad, dans le même secteur. Au moins 59 personnes ont été blessées, dont six grièvement, ont indiqué les secours.
« C’est une soirée très difficile dans la bataille pour notre futur », déclare Benyamin Netanyahu
Les militaires annoncent ce soir avoir bombardé un centre de recherche clé pour le programme nucléaire et balistique du régime iranien, au sein de l’université Malek Ashtar à Téhéran. Mais il faut noter qu’Israël observe toujours un mutisme total sur la frappe de la centrale de Natanz la nuit dernière, une opération attribuée par l’Iran aux États-Unis et à Israël. Une escalade dont l’issue reste totalement incertaine.
« C’est une soirée très difficile dans la bataille pour notre futur », a déclaré, dans un communiqué, le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu qui a promis samedi soir qu’Israël « continuerait à frapper » l’Iran « sur tous les fronts ».



