Ces trois dernières semaines, la France a été très impliquée dans la défense aérienne de ses alliés dans la région, en particulier émiriens. Au total, selon les autorités émiriennes, 1 700 missiles balistiques et drones Shahed-136 ont été interceptés, dont plusieurs dizaines sont à mettre au crédit des pilotes de chasse français.
Dès le début des hostilités, les effectifs de l’armée de l’air française sur la base aérienne Al Dhafra d’Abou Dhabi sont passés de six à douze Rafale, soit un escadron de chasse. Des appareils engagés jour et nuit pour contrer les attaques iraniennes, dans un ciel saturé d’avions et où une coordination extrêmement fine sur les zones, les altitudes a été nécessaire pour cohabiter avec la chasse américaine.
Un ciel saturé, une coordination millimétrée
La coordination, c’est connaître les procédures, l’usage des IFF (Identification Friend or Foe, « identification ami ou ennemi »), système qui permet aux radars d’approche civils ou militaires de reconnaître des avions « amis » et de déterminer leur cap ainsi que leur distance, « mais c’est aussi la vue », explique à RFI un pilote de chasse. Les pilotes sont équipés de jumelles de vision nocturne et les Rafale sont dotés de pods optiques permettant de zoomer.
Pour intercepter les missiles et les drones Shahed-136, les aviateurs français ont utilisé leurs missiles air-air à infrarouge Mica (acronyme de Missile d’interception, de combat et d’auto-défense), et ce, massivement, puisqu’une centaine auraient été tirés, soit près de 1/8e des stocks de l’armée de l’air. Impossible, par conséquent, de soutenir un tel rythme dans la durée.
Un coût d’engagement difficilement soutenable
L’armée de l’air française est donc à la recherche de moyens alternatifs et moins chers, car le prix unitaire du Mica, c’est plusieurs centaines de milliers d’euros, alors qu’un drone Shahed n’excède pas 6 000 euros. Contre les drones, la chasse française envisage donc à très court terme d’employer des roquettes, les Rafale pourraient aussi utiliser leur canon.
« Mais c’est hyper complexe », explique un pilote. « Vous tirez sur une balle avec une balle. Ce n’est pas un sport de masse. Pour faire mouche, il faut tirer des dizaines d’obus, faire feu à très courte distance et de préférence au-dessus du golfe Persique pour éviter les dégâts collatéraux », ajoute-t-il.
Des alternatives à l’étude
Les forces aériennes françaises envisagent aussi d’utiliser des mitrailleuses montées sur des hélicoptères, un vecteur parfaitement adapté aux drones dont la vitesse n’excède pas 120 km/h.
Toutes ces solutions sont à l’étude, aucune n’a encore été mise en œuvre. Mais, en urgence, l’armée de l’air est à la recherche de moyens peu onéreux pour résister sur le temps long aux nuées de drones.



