Axe Alger – Paris, le torchon continue toujours de brûler à petit feu le dimanche 23 mars 2025. Dans un geste inattendu, le président algérien a appelé à un retour au dialogue direct avec Emmanuel Macron, mettant fin à des semaines de brouillard entre Alger et Paris.
Lors d’une interview télévisée, le samedi 22 mars, Abdelmadjid Tebboune a déclaré : « Mon unique point de repère, c’est le président Macron ». Une ouverture saluée par la France, qui y voit « un bon signal » pour sortir de la pire crise bilatérale depuis l’indépendance de l’Algérie.
Abdelmadjid Tebboune rompt le silence
« Nous, on garde comme point de repère, et l’unique point de repère, pour moi, c’est le président Macron », a martelé Abdelmadjid Tebboune sur la chaîne nationale algérienne. Sans nommer Bruno Retailleau, le ministre français de l’Intérieur, il a critiqué les interférences hors canaux officiels.
« Tous les problèmes doivent se régler avec [Macron] ou avec la personne qu’il délègue […] le ministre des Affaires étrangères. Tout le reste ne nous concerne pas. »
Ce message ciblé vise à restaurer un dialogue d’État à État, après des mois d’accusations mutuelles sur des dossiers sensibles : mémoire coloniale, visas, et désaccords sur le Sahara occidental. « Il y a eu un moment d’incompréhension, mais [Macron] reste le président français », a concédé Tebboune, insistant sur la nécessité de « respecter les codes » diplomatiques.
Paris répond positivement
La France a rapidement saisi la perche tendue. « Vous ne pouvez pas trouver de solution avec l’Algérie si vous ne parlez pas à l’Algérie » a réagi Sophie Primas, porte-parole du gouvernement français.
« Le président Abdelmadjid Tebboune a fait un petit signe vis-à-vis d’ Macron. C’est très bien. Voilà une façon de renouer le dialogue. »
Une déclaration qui enterre (provisoirement) les tensions nées des prises de position de Bruno Retailleau, critiqué à Alger pour ses propos jugés « provocateurs » sur la gestion migratoire. « Il n’y a aucune tension entre les ministres sur l’Algérie », a assuré Primas, soulignant une « vision commune » entre Macron et Tebboune.
Une crise qualifiée de plus grave depuis 1962
Derrière ces avancées symboliques, les contentieux restent brûlants. Depuis 2022, les relations se sont envenimées sur plusieurs fronts. La Mémoire coloniale. Alger exige des « excuses officielles » pour les crimes de la période française.
Les Visas
La France a réduit de 50 % les visas accordés aux Algériens en 2023, une décision vécue comme une humiliation. Le Sahara occidental. Paris soutient le plan d’autonomie marocain, ce que l’Algérie ne tolère pour cette alliance au Front Polisario.



