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Présidentielle en Uruguay : le second tour s’annonce serré

Les Uruguayens, qui placent l’emploi et la sécurité au centre de leurs préoccupations, sont appelés aux urnes dimanche pour décider si la gauche parrainée par son icône José “Pepe” Mujica doit revenir au pouvoir après cinq ans de gouvernement de droite du président Luis Lacalle Pou.

Les Uruguayens retournent aux urnes, dimanche 24 novembre, pour le second tour de la présidentielle. Ils doivent départager l’ex-professeur d’histoire Yamandu Orsi, issu de la coalition de gauche Frente Amplio, et l’ancien vétérinaire Alvaro Delgado, du même Parti national que le président de droite Luis Lacalle Pou, membre de la coalition de centre-droit au pouvoir depuis 2020.

Lors du premier tour le 27 octobre, Yamandu Orsi avait fini largement en tête avec 43,9 % des voix, devant Alvaro Delgado (26,8 %), qui dispose cependant du réservoir de voix d’Andres Ojeda, du parti Colorado (centre-droit), arrivé en troisième position (16 %).

“De plus en plus d’homicides, et peu de policiers”
Trois instituts de sondage donnent Yamandu Orsi gagnant, mais talonné par Alvaro Delgado, avec lequel l’écart s’est réduit dans les derniers jours avant le vote, alors que de 5 à 8 % des personnes interrogées se disent encore indécises.

Le scrutin s’annonce serré, comme en 2019, quand Luis Lacalle Pou l’avait emporté pour quelque 30 000 voix sur 2,5 millions d’inscrits.

Si l’Uruguay affiche un revenu par tête élevé, ainsi que de moindres niveaux de pauvreté et d’inégalités par rapport au reste de l’Amérique du Sud, l’emploi et la sécurité ont été placés au centre des préoccupations des 3,4 millions d’habitants du pays aux 12 millions de têtes de bétail.

“Pour les salariés, ces cinq dernières années n’ont pas été bonnes du tout. Je suis dans la rue toute la journée, et ce qui m’inquiète le plus, c’est l’insécurité”, a déclaré à l’AFP Gustavo Maya, un vendeur de bonbonnes de gaz de 34 ans électeur de Yamandu Orsi. “Je vois beaucoup de vols, de plus en plus d’homicides, et peu de policiers”, dit-il.

Pour William Leal, tailleur de pierre de 38 ans et partisan d’Alvaro Delgado, le centre-droit est le meilleur choix sur le thème de l’emploi. “Je veux que ce gouvernement continue parce que dans le secteur de la construction, il y avait beaucoup plus de travail que sous les gouvernements précédents”, a-t-il estimé auprès de l’AFP.

L’atout José “Pepe” Mujica
La gauche a misé sur sa figure tutélaire, José “Pepe” Mujica, l’ancien président (2010-2015) et ex-guérillero torturé et emprisonné sous la dictature (1973-1985), pour revenir au pouvoir après les années Tabaré Vasquez (2005-2010, puis 2015-2020) qui avaient mis fin à l’hégémonie de droite et de centre-droit.

Malgré ses 89 ans, son combat contre le cancer et des difficultés à se déplacer, José Mujica a multiplié les apparitions et meetings pour ramener sous le vote Orsi les jeunes et indécis qui semblent détenir la clé du scrutin.

Luis Lacalle Pou, qui a repris en 2020 le flambeau paternel de Luis Alberto Lacalle, président de 1990 à 1995, ne peut se représenter malgré une cote de popularité de 50 %, car la Constitution interdit de briguer un second mandat consécutif.

Il a promis une transition “ordonnée” dans le pays le plus stable d’Amérique latine, avec des partis à la longue histoire, aux identités claires malgré leurs unions dans des coalitions et dont l’appartenance se transmet à l’intérieur même des familles.

Quel que soit le vainqueur, il n’y a pas de profonde divergence de vue sur le plan économique autre que la volonté de Yamandu Orsi de développer des échanges à l’échelle régionale, quand Alvaro Delgado penche vers des accords multilatéraux.

Les deux candidats ont insisté sur la relance de la croissance et la réduction du déficit budgétaire. Ils se sont engagés à ne pas augmenter la pression fiscale et ont promis de lutter contre la criminalité liée au narcotrafic en augmentation.

Des élections générales concomitantes du premier tour ont vu le Frente amplio remporter 16 des 30 sièges du Sénat et 48 des 99 sièges de la Chambre des députés.

 

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