
Lieu d’échanges diplomatiques intenses, Tianjin représente la vitalité économique retrouvée d’une cité autrefois marquée par les concessions occidentales, russes et japonaises. Après des années de tensions commerciales et de crises géostratégiques, ce sommet est l’occasion pour la Chine de démontrer son rôle central dans la recomposition des liens internationaux, notamment en Asie et Eurasie.
Un contrepoids face à l’Occident
Le sommet de l’OCS, fondé en 2001, regroupe 10 États membres et 16 pays observateurs avec une couverture de près de la moitié de la population mondiale et représentant 23,5% du PIB global. L’organisation est souvent présentée comme une alternative ou un contrepoids à l’OTAN et aux puissances occidentales. Pourtant, les relations au sein de cette alliance restent complexes, certaines tensions persistent entre ses membres. Outre, les résultats politiques immédiats, les observateurs notent davantage la symbolique de cette réunion.
Pour la Chine, il s’agit d’affirmer un ordre multilatéral distinct de celui imposé par les États-Unis et leurs alliés, avec Pékin au centre de ce nouvel équilibre. Les affiches en mandarin et en russe qui ornent les rues de Tianjin appellent à « l’esprit de Tianjin » et à la « confiance mutuelle » sino-russe, sur la dimension stratégique de ce rapprochement. Le président Xi Jinping donne ainsi une image d’une nation à la fois puissance économique de forteresse et acteur politique incontournable.
La démonstration de force pour la Chine
Le sommet couple avec la guerre en Ukraine, la question nucléaire iranienne, les tensions commerciales sino-américaines et sino-indiennes. Les discussions prévoient des rencontres bilatérales clés. Vladimir Poutine doit notamment échanger avec Recep Tayyip Erdoğan, président turc, ainsi qu’avec l’Iranien Massoud Pezeshkian et Narendra Modi. La présence de Kim Jong-un, pour une rare visite hors de Corée du Nord, est tout aussi stratégique pour ces alliances.
La Corée du Nord est désormais un allié central de la Russie dans le cadre de son conflit avec l’Ukraine ce qui renforcera le profil militaire et diplomatique de la Chine sur la scène internationale.
Par ailleurs, mercredi (03 septembre), Pékin se tiendra un grand défilé militaire célébrant les 80 ans de la fin de la Seconde Guerre mondiale et la victoire sur le Japon, événement auquel participeront plusieurs dirigeants présents à Tianjin. Cette démonstration permettra à la Chine de montrer sa puissance militaire et sa stabilité dans un monde marqué par des fractures géopolitiques. La séquence diplomatique à Tianjin vise à influer grandement pour la Chine, à la fois centre économique et pivot stratégique pour les pays non occidentaux, tout en tentant de proposer une alternative aux structures dominées par l’Occident.


