Le président de l’État de Palestine, Mahmoud Abbas, a eu un échange téléphonique avec le pape Léon XIV, lundi 21 Juillet 2025 matin, au lendemain d’une intense montée des violences dans la bande de Gaza et en Cisjordanie. Le Vatican a confirmé cette conversation dans un communiqué publié par sa Salle de presse.
Cet appel intervient trois jours après un échange similaire entre le souverain pontife et le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou, témoignant de l’engagement diplomatique du Saint-Siège auprès des principaux acteurs du conflit israélo-palestinien. Ce dialogue entre Mahmoud Abbas et le pape fait suite à une récente attaque contre une paroisse latine située dans l’enclave palestinienne, perpétrée jeudi 17 juillet.
Focus sur la protection des civils et au respect du droit international
Durant cet échange, le pape Léon XIV a rappelé l’importance du respect du droit international humanitaire. Il a insisté sur la protection nécessaire des civils et des lieux saints, soulignant l’interdiction de l’utilisation de la force de manière indiscriminée ainsi que celle des déplacements forcés de populations.
Entre le 21 et le 22 juillet, 15 personnes dont 04 enfants sont mortes de faim en 24 heures, signe d’une aggravation dramatique de la situation sur place.
Le Saint-Père a également souligné l’urgence de faciliter l’accès à l’aide humanitaire, en insistant sur la nécessité d’acheminer les secours vers les personnes les plus vulnérables, gravement affectées par les hostilités. Ce point souligne la dimension humanitaire du conflit, qui dépasse le seul cadre politique et diplomatique.
Une décennie de coopération entre le Saint-Siège et la Palestine
Mahmoud Abbas et le pape Léon XIV ont profité de cet échange pour rappeler le 10e anniversaire de l’accord global signé entre le Saint-Siège et l’État de Palestine, qui a été conclu le 26 juin 2015 et est entré en vigueur le 2 janvier 2016.
Ce traité constitutif d’un cadre juridique vise à reconnaître les droits de l’Église catholique en Palestine et à renforcer la coopération entre les deux parties.
Cette décennie de relations officielles témoigne de la volonté du Vatican de soutenir la paix et la coexistence dans une région marquée par des conflits anciens. L’appel téléphonique entre Mahmoud Abbas et le pape Léon XIV rappelle combien le Saint-Siège tient à jouer un rôle de médiateur moral dans la région, en mettant l’accent sur la défense des valeurs humanitaires fondamentales.
Quelle situation actuelle à Gaza ?
Quelque 111 ONG internationales ont tiré la sonnette d’alarme face à une « famine de masse » qui se propage à Gaza, où les populations subissent un blocus strict et des frappes israéliennes incessantes. Entre le 21 et le 22 juillet, 15 personnes dont 04 enfants sont mortes de faim en 24 heures, signe d’une aggravation dramatique de la situation sur place. Baptiste Chapuis, responsable des programmes internationaux de l’Unicef, dépeint un quotidien d’une extrême gravité et demande la levée immédiate du blocus humanitaire.
« Nous disposons de stocks alimentaires, d’eau et de carburant prêts à être distribués aux populations, mais nous sommes empêchés d’agir », déplore-t-il. La conséquence est une catastrophe créée par des décisions humaines, où des enfants meurent de faim chaque jour.
De son côté, le président israélien Isaac Herzog, en visite à Gaza, défend l’action de son pays, la qualifiant conforme au droit international. Il a évoqué des négociations pour la libération des otages palestiniens, espérant une issue prochaine. Herzog accuse le Hamas de saboter l’aide humanitaire. Quant au Directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, il souligne que la majorité de la population gazaouie lutte contre la famine, une tragédie que seuls des choix politiques peuvent endiguer. Parallèlement, Sadiq Khan, maire de Londres, appelle la communauté internationale à faire pression sur Israël pour arrêter ce qu’il décrit comme « une tuerie ».
Sur le terrain, Mohamed Abdou Mouche, coordinateur humanitaire, témoigne d’une situation critique où non seulement la population mais aussi le personnel médical manque de nourriture essentielle, notamment d’aliments nutritifs absents depuis mars. Plus de la moitié des habitants de Gaza sont des enfants, particulièrement vulnérables. Face à cette urgence, les ONG réclament un accès libre à l’aide humanitaire et la protection des civils, pour éviter que cette crise ne vire au désastre humain sans précédent.



