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Crises au Moyen-Orient : L’OCI réaffirme son soutien à la Palestine et s’inquiète des tensions avec l’Iran

Le Comité exécutif de l’Organisation de la coopération islamique (OCI) s’est réuni en session extraordinaire ce jeudi à Djeddah, au niveau des ministres des Affaires étrangères. L’ordre du jour était on ne peut plus clair : discuter des « décisions illégales de l’occupation israélienne visant à promouvoir les colonies et l’annexion » en Cisjordanie, y compris Jérusalem-Est.

À l’issue de cette rencontre, les participants ont publié une déclaration ferme, réaffirmant la centralité de la cause palestinienne pour l’ensemble de la Oumma islamique. Ils ont rappelé la responsabilité politique, juridique, historique et morale qui incombe aux États membres : faire preuve de solidarité avec le peuple palestinien.

Un rejet catégorique des décisions israéliennes
La réunion a « fermement condamné et catégoriquement rejeté » les récentes mesures prises par Israël, puissance occupante. Sont visées les tentatives d’imposer une souveraineté de fait, d’étendre les colonies, d’approfondir les politiques de judaïsation, d’annexion et de confiscation des terres. Autant d’actions destinées à modifier le statut et la nature du territoire palestinien occupé en Cisjordanie, Jérusalem-Est comprise. Les ministres se sont appuyés sur la Charte des Nations unies et ses résolutions, qui s’opposent à la saisie forcée de territoires et condamnent le caractère illégal de l’occupation israélienne. Ils ont réaffirmé leur engagement indéfectible en faveur des droits inaliénables du peuple palestinien : le droit à l’autodétermination, le droit au retour, et la création d’un État palestinien indépendant et souverain dans les frontières du 4 juin 1967, avec Jérusalem-Est pour capitale. Les ministres ont également vivement condamné la « récente déclaration provocatrice » de l’ambassadeur américain en Israël, Mike Huckabee. Ils ont aussi rejeté la décision de l’ambassade des États-Unis de fournir des services consulaires aux colons israéliens installés dans les colonies illégales de Cisjordanie. Pour l’OCI, ces actions encouragent le contrôle illégal d’Israël sur les territoires palestiniens et arabes. Elles ne sauraient modifier le statut juridique du pays ni porter atteinte aux droits légitimes des Palestiniens. Plus encore, elles constituent « une violation flagrante du droit international, notamment la Convention de Vienne sur les relations consulaires, et une contribution directe à la consolidation du projet de colonisation illégale ».

Un appel à la mise en œuvre du cessez-le-feu à Gaza
Concernant la bande de Gaza, la réunion a appelé à la mise en œuvre du plan de cessez-le-feu proposé par l’administration américaine. Les ministres souhaitent passer à la deuxième phase de ce processus, qui prévoit un cessez-le-feu global et permanent, le retrait complet des forces israéliennes, et la facilitation de l’aide humanitaire sans restrictions. L’OCI a exprimé son soutien à l’État de Palestine dans la prise en charge de ses responsabilités pour la reconstruction de Gaza. Les ministres ont souligné « sans équivoque l’unité du territoire palestinien », qui comprend la bande de Gaza et la Cisjordanie, Jérusalem-Est incluse, en tant qu’unité géopolitique unique et indivisible. Face à ces développements, la réunion a décidé de prendre « toutes les mesures politiques et juridiques possibles » pour répondre aux politiques israéliennes. Cela inclut le recours au Conseil de sécurité des Nations unies, à l’Assemblée générale et aux tribunaux internationaux. Les ministres ont appelé la communauté internationale à contraindre Israël à mettre fin à son occupation coloniale et à œuvrer pour une paix juste et globale. Ils ont exhorté les États à prendre « des mesures punitives concrètes », allant jusqu’à « envisager la suspension de toutes leurs relations avec Israël, la puissance occupante ». L’OCI demande également une protection internationale pour le peuple palestinien, réaffirme son soutien aux efforts visant à tenir Israël responsable de ses crimes, et condamne les actions illégales menées contre l’UNRWA. L’agence onusienne doit bénéficier d’un soutien politique, juridique et financier continu, selon les ministres.

La solution à deux États, seule issue
La réunion a souligné qu’une paix juste et globale ne peut être atteinte que par la fin de l’occupation israélienne illégale, le retrait complet d’Israël des territoires occupés depuis 1967, et la mise en œuvre de la solution à deux États. Elle a apporté son soutien aux efforts du Comité ministériel arabo-islamique sur la Palestine, présidé par l’Arabie saoudite. La réunion a exprimé sa « vive inquiétude » face à l’escalade des tensions au Moyen-Orient. Les ministres ont évoqué « les menaces récentes d’usage de la force contre la République islamique d’Iran » et « le déploiement et le renforcement provocateurs des forces militaires offensives ». Ils ont rappelé que ces développements sont contraires aux principes de la Charte des Nations unies, notamment le respect de la souveraineté, de l’intégrité territoriale et de l’indépendance politique des États.

« Toute menace ou usage de la force contre un État souverain constitue une violation claire du droit international », ont-ils insisté.
L’OCI a réitéré l’importance du multilatéralisme, de l’égalité souveraine entre les États, et le rejet des mesures coercitives unilatérales qui sapent la stabilité régionale. La paix et la sécurité durables ne peuvent être atteintes que par le dialogue, la diplomatie, le respect mutuel et la non-ingérence dans les affaires intérieures des États. Les ministres ont mis en garde contre une escalade militaire aux conséquences « graves et imprévues » pour la paix et la sécurité régionales et mondiales. Cela affecterait la stabilité économique, la sécurité énergétique et les perspectives de développement des économies émergentes. La réunion a salué les récents efforts diplomatiques entre l’Iran et les États-Unis, exprimant son soutien aux mesures constructives prises pour apaiser les tensions. Les ministres ont souligné l’importance de maintenir et de faire avancer ce processus. Ils ont exprimé leur reconnaissance aux États ayant facilité ces discussions : le sultanat d’Oman, la République de Turquie, l’État du Qatar, la République arabe d’Égypte et le Royaume d’Arabie saoudite. En conclusion, la réunion a réaffirmé l’engagement collectif de l’OCI à promouvoir le dialogue pacifique, à préserver la stabilité régionale et à défendre les principes qui unissent la Oumma islamique.

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