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Emmanuel Macron ” la France va augmenter le nombre de ses têtes nucléaires “

Le président français Emmanuel Macron a annoncé lundi, lors d’un discours depuis la base de l’Ile Longue, dans le Finistère, que la France entrait de façon “progressive” dans une nouvelle étape de sa dissuasion nucléaire, qu’il a qualifiée de “dissuasion avancée”. Il a précisé que le nombre de têtes nucléaires allait être augmenté. Suivez son discours en direct.

Lors d’un discours depuis la base de l’île Longue, Emmanuel Macron a annoncé lundi 2 mars que la France allait augmenter le nombre de ses têtes nucléaires.

La France ne communiquera plus sur les chiffres de son arsenal nucléaire, “contrairement à ce qui avait pu être le cas par le passé”, a ajouté le président français. Mais “il ne s’agit pas ici d’entrer dans une quelconque course aux armements.” “Ça n’a jamais été notre doctrine”, a-t-il précisé.

“La chaîne de commandement est d’une clarté totale et la décision ultime” de déclencher le feu nucléaire “revient au seul président de la République”, a par ailleurs réaffirmé Emmanuel Macron.

Il a par ailleurs mentionné que le pays entrait de façon “progressive” dans une nouvelle étape de sa dissuasion nucléaire, qu’il a qualifiée de “dissuasion avancée”.

“Nous devons renforcer notre dissuasion nucléaire face à la combinaison des menaces et nous devons penser notre stratégie de dissuasion dans la profondeur du continent européen, dans le plein respect de notre souveraineté, avec la mise en place progressive de ce que j’appellerai une dissuasion avancée”, a déclaré le président français.

“Nous vivons actuellement sur le plan géopolitique une période de rupture pleine de risques et nos compatriotes en ont pleinement conscience. Cette période justifie un durcissement de notre modèle”, a justifié Emmanuel Macron.

“Coopérations spéciales”
Emmanuel Macron a lancé en 2025 une discussion stratégique avec ses principaux partenaires, notamment l’Allemagne et la Pologne, sur “la protection de nos alliés du continent européen” par la dissuasion française.

Le 13 février, il a suggéré à Munich des “coopérations spéciales, des exercices communs, et des intérêts de sécurité communs avec certains pays clés”.

En mai 2025, le chef de l’État s’était déjà dit prêt à discuter du stationnement d’avions français porteurs de la bombe atomique dans d’autres pays européens, ce qui marquerait un premier pas vers un parapluie nucléaire français à l’image du parapluie américain.

Les États-Unis stationnent des bombes dans cinq pays de l’Otan (Italie, Allemagne, Pays-Bas, Belgique et Turquie), dont l’emploi relève de leur seule décision.

La marge de manœuvre du chef de l’État s’annonce étroite alors qu’une partie de l’opposition en France l’accuse régulièrement de vouloir brader l’arme nucléaire.

Mais la nécessité d’actualiser la doctrine s’impose aussi tout autant face à la “brutalisation du monde”, aux conflits qui se multiplient et à la disparition des cadres de contrôle de la course aux armements, souligne l’Élysée.

Plusieurs bouleversements majeurs sont intervenus depuis le discours de 2020 : une “Russie agressive”, la montée en puissance nucléaire de la Chine et une “période propice à la prolifération”, pointe la présidence française.

Les États-Unis, qui ont assumé pendant des décennies la protection de l’Europe tandis que les pays du Vieux Continent réduisaient leurs dépenses de défense, exigent désormais de leurs alliés qu’ils se prennent en main.

Dans ce contexte, les pays européens manifestent un intérêt croissant pour la dissuasion française tout en restant viscéralement attachés au parapluie américain.

Augmenter le nombre de têtes nucléaires disponibles ?
Le président nationaliste polonais Karol Nawrocki s’est même déclaré partisan d’un “projet nucléaire polonais”, sans développer plus avant.

“Ce que les Alliés attendent, c’est une augmentation du nombre de têtes pour être plus crédibles” face aux nouvelles menaces, relève Florian Galleri, spécialiste de la dissuasion française actuellement postdoctorant au Massachusetts Institute of Technology (MIT).

La France dispose de 290 têtes nucléaires, qu’elle considère comme la “stricte suffisance” pour infliger des “dommages inacceptables” à l’adversaire.

La Russie en détient 4 300, les États-Unis 3 700, la Chine 600 et le Royaume-Uni 225, selon le centre de réflexion suédois SIPRI.

“Ça va forcément être une question (…) Le mouvement est quand même à l’augmentation des arsenaux”, souligne l’amiral Bernard Rogel, ancien chef d’état-major particulier (CEMP) d’Emmanuel Macron.

“On doit avoir ce dont on a besoin pour faire peser la menace de dommages inacceptables sur l’adversaire, pas pour le démolir 25 fois. Aucune raison n’existe qu’il y ait une augmentation spectaculaire”, pointe-t-il toutefois.

Pour toutes ces questions, le président pourrait aussi choisir de rester délibérément flou au nom de la nécessaire “ambiguïté stratégique”.

 

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