Le président malgache Andry Rajoelina a annoncé la nomination du général Ruphin Fortunat Zafisambo comme Premier ministre. Après la dissolution du gouvernement de Christian Ntsay, survenue sous la pression des manifestations, le chef de l’État malgache mise sur cette nomination pour « rétablir l’ordre et la confiance ».
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Le général Zafisambo, major de l’armée, fait ainsi son entrée dans l’arène politique malgache à un moment très critique. Face à une jeunesse mobilisée qui dénonce la politique gouvernementale et réclame des réformes, cette nomination reflète la volonté de la présidence de répondre fermement à la situation. Pour le président Andry Rajoelina, le nouveau Premier ministre devra prouver en 06 mois sa capacité à apporter des solutions concrètes, son maintien au gouvernement devant dépendre des résultats obtenus.
Une nomination mal accueillie par la jeunesse mobilisée
Le choix d’un militaire à la tête du gouvernement fait encore de la grogne auprès de la Génération Z. Ce mouvement, largement représenté par les jeunes manifestants, considère la nomination comme une « diversion politique ». Selon eux, la décision vise à détourner l’attention de la contestation populaire, sans répondre aux véritables revendications sociales et économiques qui sudent Madgascar. Le mouvement a par ailleurs menacé d’intensifier ses actions si la situation ne s’améliore pas rapidement. Déjà, les manifestations ont donné lieu à des affrontements violents avec les forces de l’ordre.
L’ONU a dénombré au moins 22 morts dans les violences liées à la crise, renforçant l’urgence d’une réponse efficace du pouvoir. Les tensions sociales à Madagascar ne cessent de croître depuis plusieurs mois, alimentées par le chômage, la précarité, la hausse des prix et le sentiment d’exclusion d’une partie importante de la population, en particulier des jeunes. Le choix du général Zafisambo comme Premier ministre pose la question de la place de l’armée dans une crise essentiellement politique et sociale.
Un gouvernement en quête de stabilité dans un climat délétère
Le précédent Premier ministre, Christian Ntsay, et son équipe ont finalement dû céder sous la pression d’une contestation grandissante. La dissolution du gouvernement le 29 septembre témoigne de la profondeur des divisions au sein de la classe politique malgache face à la crise. Dans ce contexte, le président Rajoelina réaffirme sa volonté de maintenir la stabilité en confiant le leadership à un homme issu d’une institution traditionnelle de l’État : l’armée.
Ruphin Fortunat Zafisambo hérite d’une mission complexe. Son défi est double : rétablir la paix sociale tout en répondant aux attentes économiques et politiques d’une population frustrée. Le président lui a laissé six mois pour prouver son efficacité, un délai court qui met en lumière la gravité de la situation.
La nomination du général Zafisambo comme Premier ministre révèle à la fois la profondeur de la crise et la stratégie du président Rajoelina pour tenter d’y faire face. À mesure que les jours passent, la pression monte des deux côtés, entre pouvoirs publics et manifestants.



