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Assemblée nationale : Les députés de l’opposition boycottent l’ouverture de la 2e session parlementaire

Les députés de l’opposition ivoirienne ont boycotté mercredi la cérémonie solennelle de rentrée parlementaire, dénonçant un “processus électoral verrouillé” et appelant la communauté internationale à s’inquiéter de la tenue de la présidentielle du 25 octobre prochain, dans un climat qu’ils jugent “dangereux pour la paix et la cohésion sociale”.

Dans une déclaration commune, les élus du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI-RDA), du Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI) ainsi que plusieurs députés non-inscrits, dont l’ancien Premier ministre Pascal Affi N’Guessan, Assalé Tiémoko et Djè Bi Djè Olivier, affirment ne pas pouvoir “se rendre complices, par leur silence, d’une dérive autocratique”.

Les parlementaires reprochent au régime du président Alassane Ouattara d’avoir “détourné les institutions électorales à des fins partisanes”, citant notamment la Commission électorale indépendante (CEI), le Conseil constitutionnel et les forces de sécurité. Selon eux, l’exécutif “manipule et interprète à sa guise les textes de loi pour se garantir une nouvelle réélection illégale et anticonstitutionnelle”.

Les députés dénoncent également la décision du Conseil constitutionnel, le 8 septembre, d’écarter plusieurs candidats de l’opposition “en violation flagrante de la Constitution”, estimant qu’il s’agit d’une manœuvre pour “ouvrir la voie à un quatrième mandat d’Alassane Ouattara”.

Autres griefs soulevés : la non-révision de la liste électorale pour 2025 malgré un budget voté par le Parlement, l’opacité du système de parrainage, ainsi que l’exclusion de figures comme Laurent Gbagbo et Tidjane Thiam en dépit de décisions internationales favorables à leur participation.

Au-delà du terrain institutionnel, les députés pointent une “répression politique” marquée, selon eux, par des “arrestations arbitraires, des enlèvements nocturnes, des détentions prolongées et la criminalisation de toute critique du pouvoir, y compris sur les réseaux sociaux”. Ils accusent le régime de pratiquer un “véritable terrorisme d’État destiné à imposer le passage en force du RHDP”, le parti présidentiel.

“Tout l’appareil d’État, y compris les médias publics, est instrumentalisé pour servir le Président sortant et son parti”, écrivent-ils, estimant que “l’appartenance à l’opposition est désormais assimilée à un délit”.

En décidant de boycotter l’ouverture de la deuxième session parlementaire, les élus de l’opposition entendent “alerter l’opinion nationale et internationale sur les risques d’un enlisement du processus électoral et d’un retour à la violence politique qui a déjà endeuillé le pays lors de scrutins passés”.

Ils réaffirment toutefois leur volonté d’“user de tous les moyens démocratiques” – interpellations parlementaires, recours judiciaires, plaidoyers nationaux et internationaux, marches citoyennes – afin d’obtenir “une élection transparente, inclusive et conforme à la Constitution”.

À moins de quatre semaines du scrutin présidentiel, cette nouvelle escalade verbale illustre l’extrême tension du climat politique en Côte d’Ivoire, où l’opposition multiplie les mises en garde contre un “quatrième mandat” du président Ouattara, tandis que le pouvoir affirme, de son côté, garantir “un processus électoral crédible et sécurisé”.

 

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