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Comment mieux canaliser la Guinée post-transition : Doumbouya s’inspire d’Abidjan

Très discret au tout début, le militaire de la taille du « Général De Gaulle » a fini par mordre à l’hameçon en répondant favorablement à l’invitation du numéro Ivoirien à Abidjan. Le CNRD guinéen qui veut bâtir un progrès continu pour une Guinée de toutes les espérances, s’obstine à refonder sa vision de coopération bilatérale et multilatérale dans la sous-région notamment avec des poids lourds de l’espace UEMOA comme la Côte d’Ivoire.

Quelques jours après la prise du pouvoir par le CNRD Guinéen, le Président Alassane Ouattara était, le 17 septembre 2021, en visite de travail à Conakry. Ce premier contact aura été très bénéfique avec le régime militaire à tel point que 4 ans après, le général Mamadi Doumbouya accompagné d’une forte délégation, investit Abidjan pour sa première visite officielle d’amitié et de travail auprès du gouvernement ivoirien.

Une visite d’amitié en survol
Au palais présidentiel d’Abidjan, une conférence de presse conjointe a permis de faire le point sur les échanges bilatéraux. Lors de son intervention, le président Alassane Ouattara a salué la présence de Doumbouya, qu’il a qualifié de « frère et ami » et a rappelé les relations historiques et des communautés vivant en bonne harmonie dans les deux pays. Le chef de l’État ivoirien a tenu à remercier l’invitation de Doumbouya et a souligné sa contribution à l’Africa CEO forum tenu les 12 et 13 juin, estimant que la Guinée est sur la voie d’un retour progressif à la stabilité constitutionnelle.

Relancer les échanges économiques
Les deux dirigeants sont revenus sur les progrès faits dans la coopération économique. Selon le président ivoirien, les échanges commerciaux ont progressé de 78% ces dernières années, atteignant environ 100milliards de francs CFA. Toutefois, ce chiffre ne reflète pas encore le potentiel commun des économies guinéenne et ivoirienne, a-t-il estimé.

Pour donner davantage d’ampleur à cette coopération, plusieurs secteurs prioritaires ont été identifiés notamment les mines, l’énergie, les transports, les infrastructures frontalières, les routes et le chemin de fer entre Conakry et la Côte d’Ivoire. Les deux pays devraient relancer prochainement la troisième session de la commission mixte de coopération. Dans ce cadre, les travaux de délimitation et de matérialisation de la frontière pourront être accélérés.
Par ailleurs, Alassane Ouattara a évoqué la situation sécuritaire et humanitaire dans la sous-région, particulièrement au Sahel. Il a indiqué que la Côte d’Ivoire continuera d’appuyer la Guinée et les autres pays de la région dans leurs efforts de stabilisation, tout en souhaitant la relance des réunions ministérielles de l’Union du fleuve Mano (UFM), pour préparer un sommet sur l’intégration économique, la sécurité et l’environnement.

Fraternité et expérience au service du progrès
De son côté, le général Doumbouya a exprimé sa gratitude pour l’accueil ivoirien et l’invitation. Il a transmis les salutations du peuple guinéen et a souligné les valeurs communes entre les deux pays. « Je suis venu en tant que président, ami et fils d’Afrique », a-t-il déclaré. Il a rendu hommage à Alassane Ouattara, saluant son parcours à la tête de la Côte d’Ivoire et sa posture mesurée au moment de la transition guinéenne.

Pour le général Doumbouya, les échanges entre la Côte d’Ivoire et la Guinée doivent reposer sur la confiance, l’écoute et le respect mutuel. Il a réaffirmé sa volonté d’apprendre de l’expérience ivoirienne, notamment en matière de stabilité politique et de développement. Assurant être venu « avec humilité et gratitude », il souhaite faire de cette coopération un modèle durable.

L’agenda prévoit l’organisation rapide de la Commission mixte, une étape clé pour structurer les actions concrètes dans les domaines prioritaires. La finalisation de la frontière commune et le développement de corridors de transport ferroviaire sont annoncés comme des priorités.
Par ailleurs, le projet d’un sommet UFM ouvrira une réflexion plus large sur l’intégration économique et sécuritaire de la sous-région. Cette initiative devrait renforcer la coordination entre les États membres et favoriser la mise en œuvre de plateformes de coopération économique, notamment dans l’agriculture, l’énergie et les infrastructures.

 

 

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