La publication de la liste électorale définitive par la Commission Électorale Indépendante (CEI), le mercredi 4 juin 2025, a provoqué une onde de choc dans le paysage politique ivoirien. Le nom de Charles Blé Goudé, président du Congrès panafricain pour la Justice et l’Égalité des Peuples (COJEP), n’y figure pas. Une absence que son parti qualifie d’« exclusion politique planifiée ».
« Nous n’acceptons pas cette exclusion, nous n’acceptons pas cette injustice, et nous ne l’acceptons jamais », a prévenu Me Serge Ouraga.
Exclu du jeu électoral
Le porte-parole du Congrès panafricain pour la Justice et l’Égalité des Peuples réagissait ce jeudi, au siège du parti, à la radiation de Charles Blé Goudé de la liste électorale définitive publiée par la Commission Électorale Indépendante (CEI) . Comme le président du COJEP, plusieurs figures de l’opposition, parmi lesquelles Laurent Gbagbo, Guillaume Soro et Tidjane Thiam, sont exclues du jeu électoral en raison de décisions judiciaires controversées.
S’agissant du Président Charles Blé Goudé, cette exclusion n’est ni plus ni moins que l’aboutissement d’un mensonge d’État, d’un faux soigneusement orchestré, d’un montage grossier qui a instrumentalisé la justice pour éliminer un adversaire politique
Évoquant le cas spécifique de Charles Blé Goudé, Me Serge Ouraga a dénoncé une exclusion fondée sur « un faux judiciaire » soigneusement orchestré pour éliminer un adversaire. « S’agissant du Président Charles Blé Goudé, cette exclusion n’est ni plus ni moins que l’aboutissement d’un mensonge d’État, d’un faux judiciaire soigneusement orchestré, d’un montage grossier qui a instrumentalisé la justice pour éliminer un adversaire politique », a-t-il déclaré. L’exclusion du président du COJEP , pourtant acquitté par la Cour pénale internationale en 2019, reposerait, selon Me Ouraga, sur une condamnation par contumace prononcée à Abidjan pour des faits liés à la crise post-électorale de 2010-2011. Une décision que le parti conteste fermement.
« Tout le monde savait qu’il était détenu à La Haye, sous la responsabilité de la justice internationale. Il n’a jamais été en fuite. Il n’a jamais tenté d’échapper à la justice. Malgré cela, un commissaire de justice a prétendu être allé le chercher à Yopougon, alors que toute la Côte d’Ivoire savait qu’il comparaissait publiquement à la CPI », a martelé Me Ouraga, « Ce jugement par contumace repose sur une fraude judiciaire préméditée, un acte de manipulation destiné uniquement à servir une finalité politique : parvenir à la radiation du Président Charles Blé Goudé de la liste électorale et l’écarter durablement de la vie politique ivoirienne », a-t-il ajouté Et de prévenir : « Le COJEP se battra jusqu’au bout pour la réhabilitation pleine et entière du Président Charles Blé Goudé ».
Contexte politique tendu
A 4 mois de la tenue de la présidentielle, le contexte socio-politique reste tendu en Côte d’Ivoire . En plus de l’exclusion des 4 principaux dirigeants, notamment Tidjane Thiam, Laurent Gbgabo et Guillaume Soro, dont il revendique la réintégration, l’opposition ivoirienne exige également l’instauration de conditions garantissant la tenue d’un contrôle apaisé, crédible et transparent.
Selon le PPA-CI, le COJEP, le PDCI, le FPI et GPS, cela passe par une refonte en profondeur de la Commission électorale indépendante (CEI) que l’opposition juge inféodée au pouvoir, d’un audit de la liste électorale qui contenait de graves irrégularités, ainsi que l’ouverture d’un dialogue politique avant la tenue du scrutin. Ces appels incessants se heurtent pour l’heure à l’intransigeance du gouvernement qui appelle plutôt l’opposition à « se préparer à aller aux élections ».
Face à cette atmosphère de tension qui laisse peser de graves risques quant à la tenue d’élection apaisée, le COJEP a appelé la communauté internationale à ne pas attendre l’irréparable. « Nous ne voulons pas voir faire le pompier. Agissez maintenant. Intervenez maintenant. Exhortez le gouvernement ivoirien à garantir des élections inclusives, crédibles et démocratiques. Car c’est maintenant que se joue la paix de demain.»




