
Dans un communiqué publié le 18 septembre, le magistrat a dénoncé « un narratif » visant à faire croire à l’existence de milices opérant en Côte d’Ivoire. Selon lui, les interpellations menées depuis plusieurs semaines par la police et la gendarmerie relèvent d’« opérations régulières de répression des infractions » placées sous son autorité.
Le Parti des peuples africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI) avait affirmé, mardi 16 septembre, que plusieurs de ses membres et militants faisaient l’objet d’« enlèvements et d’arrestations » depuis le 1er août. Le mouvement de l’ancien président Laurent Gbagbo a dénoncé une campagne ciblée à l’approche de la présidentielle du 25 octobre.
« Discrédit »
Dans sa réponse, le procureur a estimé que ces accusations jetaient « le discrédit sur les services de police et de gendarmerie », tout en rappelant que les opérations de sécurité étaient « conduites sous sa direction », conformément au Code de procédure pénale.
Il a également défendu l’usage de cagoules par certaines unités lors des interpellations, précisant qu’il s’agissait d’un « mode opératoire courant dans de nombreux pays » et qu’il ne traduisait en rien une action illégale.
« La Côte d’Ivoire ne connaît ni enlèvements, ni séquestrations, ni disparitions forcées », a assuré le procureur, affirmant que toutes les personnes arrêtées faisaient l’objet « d’enquêtes régulières » et, le cas échéant, étaient détenues « conformément à la loi ».
Cette sortie intervient dans un contexte politique tendu, à moins de six semaines du scrutin présidentiel, dont la liste définitive des candidats a été arrêtée le 8 septembre par le Conseil constitutionnel.
« 29 personnes enlevées »
Lors d’un point de presse le 16 septembre au siège du parti à Abidjan, Sébastien Dano Djedjé, cadre du PPA-CI, a affirmé que depuis le 1er août, les membres et cadres du parti étaient victimes d’enlèvements et d’arrestations ciblées.
Il a cité des cas documentés à Yopougon, où six militants ont été enlevés, dont Pascale Zaholy, députée suppléante, l’arrestation de Moïse Lida Kouassi, ancien ministre de la Défense, et de Boubacar Koné, ancien ambassadeur, à la préfecture de police d’Abidjan.
Il a également évoqué l’enlèvement du cyberactiviste Ziguy Ibrahim à son domicile le 1er septembre, qui a été retrouvé quelques jours plus tard à la Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan, ainsi que plusieurs autres cas à Zikisso, Bonoua, Divo et Issia. « Au total, le PPA-CI dénombre 29 personnes victimes d’enlèvements ou de disparitions forcés depuis le 1er août 2025 », a indiqué Dano Djédjé.


