04222026Headline:

Égypte: les avoirs étrangers nets du secteur bancaire atteint un record de 29,5 milliards de dollars

 

Les avoirs étrangers nets du secteur bancaire progressent de plus de 4 milliards de dollars en un mois, selon la Banque centrale d’Égypte.

Les actifs étrangers nets (AEN) du secteur bancaire égyptien ont atteint 29,5 milliards de dollars (1 385 milliards de livres égyptiennes) à fin janvier 2026, contre 25,452 milliards de dollars (1 216 milliards de livres) en décembre 2025, soit une hausse mensuelle d’environ 4,048 milliards de dollars, selon les dernières données publiées par la Banque centrale d’Égypte.

Indicateur clé de la solidité financière, les actifs étrangers nets reflètent la différence entre les avoirs en devises et les engagements extérieurs du système bancaire. D’après la banque centrale, le total des avoirs en devises étrangères – dont la banque centrale et les banques commerciales – s’est établi à l’équivalent de 4 692 milliards de livres égyptiennes en janvier, contre 4 604 milliards un mois plus tôt. Parallèlement, les engagements en devises ont reculé à 3,306 milliards de livres, contre 3,388 milliards en décembre.

Pour Shaimaa Wagih, experte bancaire, un solde positif des avoirs étrangers nets signifie que le secteur bancaire détient un excédent de devises par rapport à ses obligations extérieures, traduisant une capacité accrue à répondre à la demande en monnaies étrangères sans pression excessive sur le marché. « Cela renforce la confiance des investisseurs dans la stabilité monétaire », souligne-t-elle.

L’analyste rappelle que les AEN étaient tombés en territoire négatif en février 2022, dans un contexte marqué par la pénurie de devises, les répercussions économiques de la guerre en Ukraine et des tensions inflationnistes mondiales. Leur retour en zone positive depuis mai 2024, à la suite de l’accord de Ras El Hekma, traduit selon elle l’impact des politiques monétaires et bancaires mises en œuvre pour rétablir l’équilibre financier extérieur.

La progression des réserves de change non monétaires accroît, selon Wagih, la marge de manœuvre de la banque centrale pour intervenir sur le marché des changes et atténuer la volatilité de la livre égyptienne. Elle renforce également la capacité des banques à financer l’économie réelle, notamment via des crédits en devises destinés aux projets d’exportation et d’investissement, réduisant ainsi la dépendance aux financements extérieurs coûteux.

Au-delà de l’effet conjoncturel, l’experte estime que l’amélioration continue des actifs étrangers nets reflète l’impact durable des réformes budgétaires et de la normalisation progressive du marché des changes. Le maintien de cette dynamique pourrait positionner les AEN comme un levier stratégique de croissance, permettant à l’économie égyptienne de mieux absorber d’éventuels chocs externes, qu’ils proviennent des marchés énergétiques, du commerce mondial ou des fluctuations des matières premières.

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