
L’ancien président de la République a été reçu en héros à Adjamé, le 25 janvier 2025, dans le cadre de sa tournée nationale baptisée « Côcôcô ».
Cette étape a été l’occasion pour la chefferie Atchan de rappeler les douloureux événements qui ont frappé la communauté autochtone d’Adjamé en juin 2024, tout en apportant son soutien sans équivoque à Laurent Gbagbo.
« Monsieur le Président, votre peuple attend de vous votre soutien pour résoudre cette situation humiliante et injuste », a déclaré le secrétaire général de la chefferie Atchan, M. Mobio Prosper, revenant sur cette tragédie qui a laissé des cicatrices profondes au sein de sa communauté.
Une population traumatisée
« Ce jour-là, aux environs de 4 h 30 du matin, les populations locales autochtones d’Adjamé, et Atchan ont été attaquées par des assaillants armés de machettes, de fusils et de pierres. Cette attaque a causé la mort de 6 personnes, fait plus de 60 blessés, et laissé la population traumatisée, dépourvue de moyens, et déplacée», a relaté M. Mobio.
« Cette tragédie a profondément marqué les esprits», a-t-il ajouté. La présence de Laurent Gbagbo, un an après ces événements, est donc perçue comme un geste fort, symbolisant l’attention portée aux populations marginalisées.
« Votre présence ici est symbolique et porteuse d’espoir. Elle incarne la justice, l’intégrité, et la générosité d’un leader soucieux des préoccupations de son peuple, sans distinction de race ou de religion », a fait savoir M. Mobio Prosper, tout en autorisant officiellement le président à poursuivre sa tournée sur les terres ancestrales Atchan.
Obstacle
La tournée « Côcôcô » s’inscrit dans un contexte politique délicat. Bien que désigné candidat officiel par le PPA-CI pour l’élection présidentielle de 2025, Laurent Gbagbo reste confronté à un obstacle majeur : une condamnation par contumace à 20 ans de prison liée à la crise post-électorale de 2010-2011, qui le rend inéligible.
Pourtant, cette contrainte juridique ne semble pas freiner les ambitions de l’ex-chef de l’État qui affiche une confiance intacte dans sa capacité à mobiliser les foules et à peser dans le paysage politique ivoirien.


