Le ministre égyptien des Affaires étrangères, Badr Abdelatty, s’est entretenu mercredi 11 mars par téléphone avec Massad Boulos, conseiller principal du président américain pour les affaires arabes et africaines, dans le cadre des consultations continues entre Le Caire et Washington sur plusieurs dossiers régionaux.
Selon un communiqué du ministère égyptien des Affaires étrangères, les discussions ont porté sur plusieurs crises et enjeux stratégiques, notamment la situation au Soudan et en Libye, les développements dans la région des Grands Lacs et dans l’est de la République démocratique du Congo, la Corne de l’Afrique, ainsi que la question de la sécurité hydrique de l’Egypte.
Abdelatty a affirmé qu’une mobilisation régionale et internationale était « nécessaire » afin de « favoriser une désescalade et de privilégier les solutions politiques et diplomatiques pour contenir les tensions et éviter un élargissement du conflit ».
De son côté, Massad Boulos a salué le rôle central joué par l’Égypte dans la promotion de la sécurité et de la stabilité régionales.
Boulos a notamment mis en avant les efforts du Caire pour « soutenir la stabilité au Moyen-Orient et en Afrique et encourager les processus de règlement politique des conflits », tout en réaffirmant la volonté de Washington de poursuivre la coordination et les consultations avec l’Égypte sur les dossiers régionaux et internationaux d’intérêt commun, selon le communiqué .
Les deux parties ont échangé aussi sur la question de la sécurité hydrique de l’Égypte. Abdelatty a salué le message du président américain Donald Trump ainsi que ses efforts visant à « renforcer les bases de la paix et de la stabilité », ajoute la même source. Trump avait proposé en janvier dernier de relancer la médiation entre Le Caire et Addis-Abeba, en affirmant qu’« aucun État ne devrait contrôler unilatéralement les ressources précieuses du Nil ».
Le Caire considère que le Nil constitue « l’artère de vie » pour le peuple égyptien, qui fait face à une forte pénurie d’eau.
Le chef de la diplomatie égyptienne a réaffirmé que l’Égypte demeure attachée à une approche fondée sur une « coopération sérieuse et constructive avec les pays du bassin du Nil », dans le respect des principes du droit international et dans l’intérêt mutuel des parties.
Les deux responsables ont également abordé l’escalade en cours au Moyen-Orient. S’agissant de la situation au Soudan, le ministre égyptien a réaffirmé le rejet par son pays de toute tentative portant atteinte à l’unité ou à l’intégrité territoriale de l’Etat soudanais.
Abdelatty a insisté sur la nécessité d’instaurer une trêve humanitaire, de préserver la souveraineté du Soudan et de soutenir ses institutions nationales. Abdelatty a également appelé à intensifier les efforts internationaux pour renforcer la réponse humanitaire et faciliter l’acheminement de l’aide à l’ensemble du territoire soudanais, tout en soulignant l’importance de ne pas mettre sur un pied d’égalité les institutions étatiques et les milices armées, poursuit la même source.
Badr Abdelatty a par ailleurs évoqué la décision des États-Unis de classer la confrérie des Frères musulmans au Soudan comme organisation terroriste, soulignant l’importance de soutenir la stabilité de l’État soudanais et de ses institutions.
En ce qui concerne la Libye, le ministre égyptien a réaffirmé la position constante de l’Egypte en faveur de la préservation de l’unité et de la stabilité du pays, ainsi que de l’unification de ses institutions, insistant sur la nécessité de parvenir à une solution politique libyenne globale répondant aux aspirations du peuple libyen et préservant sa souveraineté, tout en poursuivant les efforts pour relancer le processus politique menant à l’organisation simultanée d’élections présidentielle et législatives dans les plus brefs délais.
L’entretien a porté aussi sur la situation dans la Corne de l’Afrique. Abdelatty a souligné l’importance de préserver la souveraineté, l’unité et l’intégrité territoriale de la Somalie, rejetant toute reconnaissance de la région autoproclamée du Somaliland, qu’il a qualifiée de violation du droit international et d’atteinte à l’intégrité territoriale somalienne.
Abdelatty a mis en garde contre les répercussions de telles initiatives sur la stabilité de la région et sur la sécurité de la mer Rouge et réaffirmé le soutien du Caire aux efforts visant à instaurer la paix dans la région des Grands Lacs et l’est de la République démocratique du Congo et à renforcer les processus de réconciliation, afin de créer les conditions nécessaires à un développement global et durable dans la région.



