
Le président exécutif du Parti des peuples africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI) a dénoncé, mardi 16 septembre, une “dérive grave” dans la vie politique du pays, appelant à une riposte pacifique et démocratique avant la fin du mois.
Enlèvements et arrestations “ciblées”
Lors d’un point de presse au siège du parti à Abidjan, Sébastien Dano Djedjé a affirmé que depuis le 1er août, les membres et cadres du parti étaient victimes d’enlèvements et d’arrestations ciblées.
Il a cité des cas documentés à Yopougon, où six militants ont été enlevés, dont Pascale Zaholy, députée suppléante, l’arrestation de Moïse Lida Kouassi, ancien ministre de la Défense, et de Boubacar Koné, ancien ambassadeur, à la préfecture de police d’Abidjan.
Il a également évoqué l’enlèvement du cyberactiviste Ziguy Ibrahim à son domicile le 1er septembre, qui a été retrouvé quelques jours plus tard à la Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan, ainsi que plusieurs autres cas à Zikisso, Bonoua, Divo et Issia.
« Au total, le PPA-CI dénombre 29 personnes victimes d’enlèvements ou de disparitions forcés depuis le 1er août 2025 », a indiqué Dano Djédjé.
Le président exécutif a exprimé la solidarité du parti envers les familles des victimes, affirmant que “personne ne devrait voir un proche disparaître ou être arrêté pour des opinions politiques”. Il a annoncé l’intention du PPA-CI de rencontrer le ministère de l’Intérieur pour obtenir des informations sur la situation de ces compatriotes.
Une “grande action démocratique“
Le 8 septembre, la Cour constitutionnelle a validé cinq candidatures pour l’élection présidentielle prévue le 31 octobre, dont celle du président sortant, Alassane Ouattara, en lice pour un quatrième mandat. Plusieurs figures majeures de l’opposition ont été écartées, parmi lesquelles l’ancien chef de l’État, Laurent Gbagbo, et le président du PDCI Tidjane Thiam. Une décision irrévocable qui a ravivé les tensions politiques. Les partisans des candidats recalés dénoncent une compétition verrouillée et appellent à faire barrage à un nouveau mandat d’Alassane Ouattara.
Dans son allocution ce mardi, Dano Djedje a rappelé l’importance de l’État de droit et de la liberté d’expression politique, soulignant que “le peuple doit avoir la possibilité de choisir qui le gouvernera sans avoir peur”. Il a également cité l’article 21 de la Déclaration des droits de l’Homme : “La volonté du peuple est le fondement de l’autorité des pouvoirs publics”.
En conséquence, le PPA-CI, en concertation avec le PDCI, prévoit de lancer avant la fin septembre une “grande action démocratique d’envergure pour le peuple et par le peuple”, dont les modalités seront précisées ultérieurement.
Le parti a appelé l’ensemble des Ivoiriens à rester attentifs et mobilisés : “Debout pour la justice. Debout pour la liberté. Debout pour la Côte d’Ivoire. Que vive la Côte d’Ivoire libre ! Que vive la démocratie !”, a conclu le président exécutif.


