
Le Conseil constitutionnel a publié, le 8 septembre, la liste définitive des candidats à l’élection du 25 octobre prochain. Cinq personnalités ont été retenues : le président sortant Alassane Ouattara, Simone Ehivet Gbagbo, Jean-Louis Billon, Lagou Adjoua Henriette et Ahoua Don Mello.
Sur 60 dossiers déposés, 55 ont été rejetés, dont celui de Laurent Gbagbo, jugé irrecevable pour non-inscription sur la liste électorale et parrainages insuffisants. Cette décision a provoqué un séisme dans le camp du PPA-CI, qui avait fait de la candidature de l’ancien chef de l’État son principal cheval de bataille.
« Nous avons le temps »
Après l’invalidation de la candidature de Laurent Gbagbo par le Conseil constitutionnel, la question de la stratégie du Parti des Peuples Africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI) pour le scrutin présidentiel du 25 octobre reste entière. Va-t-il boycotter ou se rallier à l’un des candidats de l’opposition encore en lice ? Le président exécutif du parti, Sébastien Dano Djédjé, a apporté des éléments de réponse, mardi 9 septembre, lors d’une conférence de presse au siège du PPA-CI à Abidjan.
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Interrogé sur la possibilité de nouer des alliances avec d’autres candidats de l’opposition, M. Dano Djédjé a préféré temporiser. « Nous avons le temps de mettre des stratégies en place. Nous sommes aujourd’hui 9 septembre. Les élections ont lieu le 25 octobre. Nous avons donc le temps de malaxer tout ça et de venir vous dire ce qu’on a décidé », a-t-il déclaré.
Désaccords marqués
À moins de deux mois du scrutin, l’opposition ivoirienne apparaît profondément fragmentée. Ahoua Don Mello, cadre du PPA-CI évincé par Laurent Gbagbo, est perçu comme un traître depuis l’annonce de sa candidature dissidente au sein du parti, qu’il présentait comme une « candidature de précaution » pour « éviter la politique de la chaise vide ».
Jean-Louis Billon, cadre du PDCI mais candidat indépendant sous la bannière du Congrès Démocratique (CODE), a été déclaré éligible après avoir longtemps tenu tête à Tidjane Thiam, président du PDCI, dont le parti fait partie du Front commun avec Laurent Gbagbo.
Simone Gbagbo, de son côté, n’a pas rejoint ce front commun, que Tidjane Thiam et Guillaume Soro ont intégré. Cette configuration rend difficile toute tentative de fédérer l’ensemble de l’opposition, notamment le camp Gbagbo, en concurrence avec le PPA-CI.
C’est sans doute face à ces désaccords marqués au sein de l’opposition que, pour Dano Djédjé, l’urgence reste d’abord de contester politiquement l’exclusion de Laurent Gbagbo. « La bataille politique contre l’invalidation de la candidature de Gbagbo continue. À cela, il faut ajouter la bataille politique concernant le quatrième mandat », a-t-il affirmé, en référence à la candidature d’Alassane Ouattara.
« On l’exécute ou pas »
Lors de la conférence de presse, les cadres du PPA-CI ont invoqué la décision de la Commission des droits de l’homme des Nations unies, qui a rejeté la demande de mesures provisoires du président Gbagbo tout en invitant l’État ivoirien à prendre « toutes les mesures nécessaires » pour lui permettre d’exercer pleinement ses droits politiques, conformément à l’article 25 du Pacte.
« Cette décision de la Commission des droits de l’homme de l’ONU s’impose à la Côte d’Ivoire. Elle n’a rien à voir avec le Conseil constitutionnel. Elle s’impose à la Côte d’Ivoire. On l’exécute ou on ne l’exécute pas », a soutenu Dano Djédjé.
Allant plus loin, il a estimé que si Abidjan refuse d’appliquer ce verdict, « il serait préférable que la Côte d’Ivoire se retire de l’ONU, comme elle s’est retirée de la Commission des droits de l’homme et des peuples de l’Union africaine ».
S’il n’a pas fermé la porte à une alliance avec Jean-Louis Billon, Ahoua Don Mello ou Simone Gbagbo, Sébastien Dano Djédjé a insisté sur le fait que, pour l’instant, le PPA-CI reste « dans la bataille politique », malgré le rejet officiel de son leader. « La lutte politique continue. Parce que nous, on est candidats pour les élections du 25 octobre », a-t-il martelé.


