Le président de la refondation de Madagascar, le colonel Michaël Randrianirina, a annoncé lundi la dissolution du gouvernement, dans un contexte de fortes pressions exercées par les mouvements de jeunesse qui dénoncent des promesses restées lettre morte depuis l’arrivée des militaires au pouvoir.
Dans un bref communiqué publié dans l’après-midi, le chef de l’État a indiqué que l’ensemble de l’exécutif était dissous. La nomination d’un nouveau Premier ministre est attendue dans les prochains jours. En attendant, la gestion courante des ministères sera assurée par les secrétaires généraux.
Cette décision intervient quatre mois après la prise de pouvoir des militaires, en octobre dernier, à la suite de manifestations d’ampleur menées notamment par les mouvements de jeunesse Générations Y et Z. Ces organisations avaient récemment exprimé leur frustration face à la lenteur des réformes promises par les autorités de transition.
Deux jours auparavant, leurs représentants avaient réclamé la démission du Premier ministre Herintsalama Rajaonarivelo ainsi que de plusieurs membres du gouvernement, qu’ils accusent de « ne pas maîtriser leurs responsabilités ». La semaine précédente, ils avaient également appelé à la dissolution de la Haute cour constitutionnelle, de l’Assemblée nationale et de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), jugeant ces institutions « défaillantes » et « incompatibles avec le changement ».
La décision du colonel Randrianirina intervient alors que la situation politique du pays est étroitement surveillée par la communauté internationale, notamment par la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC), qui exhorte les autorités de transition à organiser une élection présidentielle.
Selon le calendrier présenté récemment par le chef de l’État, ce scrutin ne devrait toutefois pas se tenir avant septembre 2027. Les autorités entendent auparavant organiser un référendum afin d’entériner l’avènement d’une nouvelle République.
Par ailleurs, les électeurs de la capitale, Antananarivo, pourraient être appelés à retourner prochainement aux urnes. Le Conseil d’État malgache a annulé l’élection de la maire Harilala Ramanantsoa, élue en décembre 2024. Son adversaire, Tojo Ravalomanana, fils de l’ancien président Marc Ravalomanana, avait dénoncé des irrégularités lors du scrutin.



