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Présidentielle 2025: Gbagbo en colère, une apparition publique de l’ambassadeur de France fâche


À cinq mois de l’élection présidentielle, le climat politique en Côte d’Ivoire est sous haute tension. Les propos de Laurent Gbagbo, écarté de la liste électorale, et un geste controversé de l’ambassadeur de France à Abidjan, alimentent les Unes du mardi 10 juin.

À Port-Bouët, le samedi 7 juin 2025, devant une foule en liesse réunie au stade de Petit-Bassam, lors de l’avant-dernière étape de la tournée du parti dénommée “Côcôcô”, l’ancien chef de l’État ivoirien Laurent Gbagbo, rayé de la liste électorale définitive publiée le 4 juin par la CEI, n’a pas caché sa colère. Dans Le Quotidien d’Abidjan ce mardi, le ton est donné avec un titre explosif.

« Gbagbo se déchaîne et bombarde Ouattara », illustrant une colère désormais publique du président du PPA-CI : « Ils me cherchent la bagarre, nous allons faire la bagarre ». « L’opposition riposte » face à ce qu’elle qualifie de verrouillage électoral, renchérit Notre Voie. Là encore, Gbagbo avertit : « Comme ils veulent qu’on se batte, on va se battre ».

Dans le même ton, La Nouvelle Alliance note que Gbagbo « hausse enfin le ton » et martèle : « Il n’y aura pas de quatrième mandat ». Le quotidien Le Nouveau Réveil relaie aussi son avertissement : « Attention, vous allez trop loin. Des gens que j’ai ramenés à la vie qui veulent me jeter au royaume de la mort ».

« Ingérence sauvage »
Mais ces déclarations sont loin de faire l’unanimité. Dans Le Patriote, on fustige la posture de l’ancien président : « Non Gbagbo ! Vous vous battrez seul contre la paix ». Un éditorial juge ses paroles « dangereuses » et estime que « la parole des leaders devrait unir, pas diviser ». Même son de cloche du côté de L’Expression, qui croit savoir « Comment Gbagbo s’est piégé ».
Parallèlement, un geste ravive les tensions. Le journal La Voie Originale parle aussi à sa Une d’« ingérence sauvage », en réaction à une apparition publique de Jean-Christophe Belliard, l’ambassadeur de France en pagne à l’effigie de Dominique Ouattara. Dans une déclaration publiée le 6 juin dernier, le PPA-CI dénonce une prise de position inacceptable : « Un pagne n’est jamais neutre », accuse Me Habiba Touré, porte-parole du parti.

Pour le parti de Gbagbo, c’est un « signal », un « alignement » inacceptable en pleine période électorale. Une interpellation qui réveille de vieux ressentiments, en particulier sur le rôle de la France lors de la crise postélectorale de 2011.

 

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