
Il a lui-même donné l’information ce samedi 14 juin 2025, dans un message vidéo adressé aux militants du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) qui sont sortis par milliers pour manifester contre son exclusion du processus électoral.
“Je serai avec vous bientôt”
« Je serai avec vous bientôt pour continuer le combat. Ce combat pour libérer notre pays, que les Ivoiriens attendent de nous voir mener », a déclaré Tidjane Thiam. L’ancien directeur général du Crédit Suisse a été radié des listes électorales par la Commission électorale indépendante (CEI), à la suite d’une décision de justice prise dans le cadre du contentieux de la liste électorale provisoire.
S’appuyant sur les dispositions de l’article 48 du Code de la nationalité ivoirienne, la juge en charge du dossier a estimé que M. Thiam, détenteur de la double nationalité (ivoirienne et française), avait perdu la nationalité ivoirienne au moment de son inscription sur la liste électorale en 2022. Cette décision compromet sérieusement ses chances de représenter son parti à la présidentielle d’octobre prochain.
Je suis extrêmement satisfait de la marche qui a eu lieu aujourd’hui
Ce samedi, plusieurs milliers de militants du PDCI ont répondu à l’appel de la direction du parti pour réclamer la réinscription sur la liste électorale de plusieurs candidats exclus du scrutin, dont leur président, Tidjane Thiam. « Je suis extrêmement satisfait de la marche qui a eu lieu aujourd’hui », s’est réjoui ce dernier, remerciant les organisations de la société civile ainsi que les partis politiques ayant participé à cette mobilisation pacifique. « Restons unis et mobilisés, la victoire est au bout du chemin », a-t-il exhorté.
Contexte politique tendu
Cette manifestation, aux allures de démonstration de force, intervient dans un contexte politique tendu. Outre Tidjane Thiam, plusieurs figures de l’opposition — parmi lesquelles Laurent Gbagbo, Guillaume Soro et Charles Blé Goudé — sont également exclues du processus électoral en raison de leur situation judiciaire. L’opposition dénonce une instrumentalisation de la justice à des fins politiques et réclame l’instauration de conditions garantissant une élection transparente, équitable et ouverte à tous.
Le PDCI-RDA, le PPA-CI, le COJEP et d’autres partis accusent la CEI d’être inféodée au pouvoir en place et exige sa réforme avant la tenue du contrôle. Ils appellent également à une nouvelle révision et à un audit de la liste électorale « dite définitive ». Régulièrement exprimée par l’opposition, la CEI rejette toute accusation de partialité et affirme ne faire qu’appliquer la loi. Le gouvernement, de son côté, soutient qu’il n’exerce aucune influence sur les décisions de justice.
Le président sortant, Alassane Ouattara, au pouvoir depuis 2011, ne s’est pas encore exprimé sur sa volonté de briguer un quatrième mandat. Sa décision devrait être connue lors du congrès du RHDP, prévu les 21 et 22 juin prochains à Abidjan.


