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Région du Bounkani : cinq gendarmes enlevés par des supplétifs de l’armée burkinabè

Un grave incident frontalier vient de raviver les tensions entre la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso. Le samedi 21 juin 2025, cinq gendarmes ivoiriens ont été enlevés à Kalamon, localité du département de Doropo, par des Volontaires pour la défense de la patrie (VDP), supplétifs de l’armée burkinabè.

L’information, selon Jeune Afrique, a été révélée par le média LSI Africa et confirmée par plusieurs sources sécuritaires.

Les faits
Les faits se seraient produits alors que les forces de gendarmerie ivoiriennes effectuaient une mission de contrôle sur un site d’orpaillage illégal récemment démantelé, dans cette région aurifère du nord-est du pays. Après avoir constaté la présence d’individus sur les lieux, les gendarmes ont ordonné leur départ, avant de retourner à leur base. Cependant, ces derniers auraient fait appel à des VDP pour les appuyer.

De retour sur le site pour vérifier l’évacuation effective des lieux, les cinq sous-officiers – deux maréchaux de logis en chef et trois maréchaux de logis – ont été capturés et transférés de force au Burkina Faso. Détenus d’abord à Boussoukoula, puis à Batié, ils ont finalement été conduits à Ouagadougou

Informée de la situation, la hiérarchie militaire ivoirienne a réagi immédiatement. Le Commandant supérieur de la gendarmerie, le général Alexandre Apalo Touré, a envoyé sur le terrain une mission conduite par le colonel Tiorna Ouattara pour évaluer la situation.

La Côte d’Ivoire ne tombera pas dans cette provocation de plus, à savoir la violation de son territoire. Des instructions fermes ont été données pour renforcer la sécurité dans cette zone
« La Côte d’Ivoire ne tombera pas dans cette provocation de plus, à savoir la violation de son territoire. Des instructions fermes ont été données pour renforcer la sécurité dans cette zone », confie une source sécuritaire. », indique une source sécuritaire.

Le dossier est désormais suivi de près par le ministre de la Défense, Téné Birahima Ouattara, en coordination avec le Conseil national de sécurité (CNS) dirigé par Fidèle Sarassoro. Des démarches diplomatiques sont en cours auprès des autorités burkinabè pour obtenir la libération des militaires enlevés.

Cette nouvelle crise survit dans un climat de tensions récurrentes entre Abidjan et Ouagadougou. En septembre 2023, deux gendarmes ivoiriens avaient été arrêtés dans des conditions quasiment similaires et libérés un an plus tard après d’intenses négociations.

Dans ce contexte de méfiance, le capitaine Ibrahim Traoré, chef de la junte militaire à la tête du Burkina Faso accuse régulièrement la Côte d’Ivoire d’ingérence et de manœuvres de déstabilisation, ce que le gouvernement ivoirien réfute fermement.

La région de Doropo, au cœur de ces tensions, est devenue stratégique depuis l’annonce récente de la découverte d’un gisement aurifère estimé à 100 tonnes d’or, attisant les convoitises et les infiltrations illégales en provenance des pays voisins.

 

 

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