
Dernier joueur expulsé avant le coup d’envoi : Tidjane Thiam. Oui, le Thiam. L’héritier politique d’Houphouët-Boigny, le banquier mondial, le candidat propre sur lui, costume trois pièces et pedigree international. L’homme que le PDCI espérait brandir comme une arme fatale contre l’usure du pouvoir. Radié de la liste électorale par la justice, un après-midi du 22 avril 2025.
Rester “pur jus”
Le motif ? Un délit de nationalité. Selon le tribunal, Thiam aurait cessé d’être ivoirien en 1987 — il y a 37 ans— lorsqu’il a acquis la nationalité française. C’est l’article 48 du code de la nationalité qui le dit. Implacable.
Il aurait fallu rester “pur jus”, apparemment. Parce qu’en Côte d’Ivoire, on tolère les alliances politiques contre-nature, les tripatouillages constitutionnels, mais pas un passeport français de trop dans un tiroir.
Et donc Thiam, comme Gbagbo, comme Soro, comme Blé Goudé, est rayé de la course. Comme dans un épisode de Koh-Lanta version Yopougon : “La tribu a décidé de vous éliminer. Merci de quitter le camp électoral.” On appelle ça la sélection naturelle institutionnelle.
Une vraie “élection-solo” ?
Le plus ironique dans cette histoire ? C’est que tous ces poids lourds ont été disqualifiés sans jamais avoir foulé le terrain. Même pas un tacle. Même pas un hors-jeu. Juste une disqualification administrative, propre, nette, sans bruit. Le RHDP peut donc se présenter à la présidentielle en toute quiétude : seul en lice, seul en paix. Une vraie “élection-solo” comme on en rêve dans les régimes solides. Le suspense est mort, paix à son âme.
Ou il reste peut-être le temps des figures secondaires. Simone Gbagbo, Affi N’Guessan : pas radiés, pas interdits. Des opposants tolérés. Seront-ils les figurants d’un scrutin verrouillé ? Auront-ils droit à quelques minutes de jeu ? Histoire de faire croire que le pluralisme tient encore debout ?


