05152026Headline:

Un membre de la famille Gon Coulibaly demande à la CPI de juger Ouattara et Soro

Lanciné Gbon Coulibaly appelle la CPI à juger Alassane Ouattara et Guillaume Soro pour la crise de 2010-2011, dénonçant une justice à sens unique après l’acquittement de Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé.

Alors que la Côte d’Ivoire tente de tourner la page des violences post-électorales de 2010-2011, une voix discordante s’élève. Lanciné Gbon Coulibaly, membre de la famille Gbon Coulibaly, exhorte la Cour Pénale Internationale (CPI) à élargir son champ d’action en jugeant également le président Alassane Ouattara et l’ancien chef rebelle Guillaume Soro.

Dans une interview accordée à un confrère, il insiste sur la nécessité d’une justice équilibrée.

« (…) Je demande à la Cour Pénale Internationale d’être juste. Je souhaite que le président Alassane Ouattara et Guillaume Soro se retrouvent à la CPI pour qu’on puisse parler de justice et d’égalité », a déclaré Lanciné Gbon Coulibaly.
« Tant qu’on ne les a pas jugés, on ne saura jamais qui est responsable de tout cela. Ça permettra de trouver une solution pour l’union entre Ivoiriens », a-poursuivi le président du mouvement citoyen Génération consciente Côte d’Ivoire nouvelle (GCCN).

Un sentiment d’injustice
La crise post-électorale de 2010-2011, qui a fait plus de 3 000 morts selon les Nations unies, a conduit à l’arrestation et au transfert de l’ancien président Laurent Gbagbo et de son ministre Charles Blé Goudé à la CPI. Tous deux ont finalement été acquittés après des années de procès.

Pendant cette période, Alassane Ouattara, reconnu vainqueur de l’élection par la communauté internationale, s’est appuyé sur les Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI) pour prendre le pouvoir, tandis que Guillaume Soro, alors chef des Forces nouvelles et Premier ministre, a dirigé l’offensive militaire contre le régime de Gbagbo. Cette situation a nourri un sentiment d’injustice chez une partie des Ivoiriens, qui estiment que la responsabilité des violences n’a pas été partagée équitablement devant la justice internationale.

L’appel de Lanciné Gbon Coulibaly rejoint les revendications de nombreux militants pro-Gbagbo et de certaines organisations des droits de l’homme qui demandent depuis plusieurs années que toutes les parties impliquées dans la crise soient jugées.

Un appel surprenant venant du Nord
Cette requête a de quoi surprendre. La famille Gbon Coulibaly, dont est issu Lanciné Gbon Coulibaly, est une lignée influente du Nord de la Côte d’Ivoire, une région historiquement acquise au Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP), le parti au pouvoir.

Parmi ses figures emblématiques, l’ancien Premier ministre Amadou Gon Coulibaly, bras droit d’Alassane Ouattara et candidat désigné du RHDP pour la présidentielle de 2020 avant son décès, était l’un des piliers du régime. Ce lien fort entre la famille Gnon Coulibaly et le pouvoir d’Abidjan rend la sortie de Lanciné Gbon Coulibaly d’autant plus inattendue.

Mi-septembre 2024, la CPI a annoncé la fermeture de son bureau à Abidjan en raison de contraintes budgétaires et un soutien opérationnel limité. Elle a toutefois assuré que cette décision ne compromet aucunement la poursuite de l’enquête sur

les crimes attribués aux Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI) et aux anciens membres de la rébellion des Forces nouvelles (FN), alliés à Ouattara lors de la crise post-électorale de 2010-2011.

 

 

What Next?

Related Articles