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16 Octobre Journée mondiale de l’alimentation: Quelles actions pour une agriculture innovante en Côte d’Ivoire ?

À l’occasion de la Journée mondiale de l’alimentation, célébrée tous les 16 octobre, nous avons rencontré Amandine Berthoud, Responsable de la division Crop Science de Bayer pour l’Afrique de l’Ouest et Centrale.

Lors de cette interview dédiée à la Journée mondiale de l’alimentation, célébrée cette année sous le thème « Main dans la main pour des aliments et un avenir meilleur », Amandine Berthoud a partagé avec nous sa vision des défis agricoles en Côte d’Ivoire, des initiatives de Bayer en faveur de la sécurité alimentaire et de l’importance de l’innovation scientifique pour transformer l’agriculture. Avant d’aborder les solutions et initiatives mises en place, il est essentiel de comprendre le contexte actuel.

Quelle est votre lecture de la situation agricole et alimentaire en Côte d’Ivoire aujourd’hui ?
Parler d’agriculture équivaut à parler de sécurité alimentaire. En Côte d’Ivoire, selon les données d’Action Contre la Faim, près d’un million de personnes sont en situation d’insécurité alimentaire. Ce phénomène est amplifié par le changement climatique, qui affecte directement la production agricole, mais aussi par les déplacements de population et la forte dépendance aux importations alimentaires. À cela s’ajoute une explosion démographique : nous sommes 32 millions en 2025, et les projections indiquent 56 millions d’habitants d’ici 2050, soit une augmentation de près de 80 %.

Le maïs est une culture stratégique pour plusieurs raisons. D’abord, c’est une source essentielle de nutrition pour des millions de personnes en Côte d’Ivoire et dans la sous-région. Il est consommé quotidiennement, sous différentes formes, et joue un rôle central dans la sécurité alimentaire.
Cette croissance démographique impose une pression croissante sur les systèmes alimentaires et agricoles. Face à ces défis, Bayer, à travers sa mission : « Health for All, Hunger for None », traduit en français, « la santé pour tous, la faim pour personne » contribue à la sécurité alimentaire et nutritionnelle en Côte d’Ivoire en aidant les agriculteurs à accroître durablement leur productivité grâce à des pratiques durables, des produits de protection de plantes et des variétés des semences de maïs qui améliorent les moyens de subsistance.

Dans un contexte de changement climatique et de ressources limitées, Comment Bayer aide t-elle les petits producteurs à devenir plus résilients ?
Bayer s’est engagé à toucher 100 millions de petits producteurs agricoles dans les pays à revenus faibles ou intermédiaires d’ici 2030, dont 21 millions en Afrique. La Côte d’Ivoire étant notre hub en Afrique de l’Ouest, nous accompagnons les producteurs vers une agriculture plus productive et plus résiliente. Depuis 2022, nous avons mis en place des centres Better Life Farming (BLF) dans le cadre du Programme MOAYE Hêrê.

A ce jour, nous disposons de 32 centres BLF opérationnels et ceux-ci visent à connecter l’ensemble des acteurs de la chaîne de valeur agricole afin d’augmenter les revenus des producteurs, de contribuer à la sécurité alimentaire du pays et de vulgariser l’agro-entrepreneuriat. A travers ce programme, nous offrons des formations, des entrants de qualité, et un accompagnement personnalisé. Ce programme permet aux petits producteurs de passer d’une agriculture de subsistance à une agriculture entrepreneuriale.

Parmi les nombreuses cultures présentes en Côte d’Ivoire, Bayer semble accorder une attention particulière au maïs. Pourquoi ce choix ?
Le maïs est une culture stratégique pour plusieurs raisons. D’abord, c’est une source essentielle de nutrition pour des millions de personnes en Côte d’Ivoire et dans la sous-région. Il est consommé quotidiennement, sous différentes formes, et joue un rôle central dans la sécurité alimentaire.

Ensuite, le maïs est une culture accessible aux petits exploitants agricoles, qui représentent la majorité des producteurs dans le pays. Il offre des cycles de production courts, des rendements élevés lorsqu’il est bien encadré, et des débouchés commerciaux variés, notamment dans l’alimentation humaine, animale et l’industrie agroalimentaire. Enfin, le maïs s’inscrit dans notre vision d’une agriculture durable et inclusive. En investissant dans cette culture, nous contribuons à l’autosuffisance alimentaire, à la résilience des communautés rurales, et à la valorisation des chaînes de valeur locales.

Parlons du cas de la Côte d’Ivoire, quelles sont les initiatives concrètes que vous menez ?
En plus du programme Moayé-Hêrê, Bayer est partenaire du Abidjan Legacy Program, un projet gouvernemental qui vise à transformer les pratiques agricoles. Nous y participons à travers l’installation de fermes expérimentales, la vulgarisation des technologies agricoles, et le développement de semences hybrides de maïs et maraîchères. Ce programme intègre également une dimension d’inclusion des jeunes et des femmes, deux cibles essentielles dans notre stratégie.

Dans un contexte de changement climatique et de transition vers une agriculture durable, la question environnementale devient centrale. En tant qu’acteur de l’innovation agricole, comment intégrer vous ces enjeux dans vos actions sur le terrain ?
Nous sommes une entreprise responsable et cela se traduit par la fourniture d’intrants agricoles de qualité, la promotion des bonnes pratiques agricoles et de l’agroécologie, ainsi que des actions de formation et de sensibilisation (intendance). Spécifiquement, nos équipes sur le terrain respectent régulièrement des séances de formations avec les agriculteurs pour les inciter à adopter des pratiques respectueuses de l’environnement.

De plus, le programme Safe Use Ambassador, mis en œuvre en partenariat avec l’Ecole Supérieure d’Agronomie de l’INPHB, forme des étudiants aux bonnes pratiques agricoles et à l’utilisation sécurisée des produits. A ce jour, plus de 200 étudiants agronomes ont été formés et sont devenus des relais auprès des producteurs.

L’innovation scientifique est clé face aux défis agricoles. Quel rôle joue-t-elle dans vos solutions ?
L’innovation est au cœur des activités de Bayer. Nos semences de maïs DEKALB illustrent bien cela : ce sont des semences hybrides améliorées, qui peuvent multiplier le rendement moyen (1,5 tonne/ha) par 4 voire plus. Certains producteurs atteignent jusqu’à 6 tonnes, et le potentiel maximum est autour de 10 tonnes/ha. Ces semences sont également résistantes aux maladies et aux périodes de sécheresse, ce qui est essentiel dans un contexte de changement climatique. Cela améliore à la fois les rendements, la rentabilité des cultures et les conditions de vie des producteurs.

Comment collaborez vous avec les acteurs locaux pour renforcer la sécurité alimentaire face à ces enjeux complexes ?
Nous croyons fermement que la sécurité alimentaire ne peut être assurée par une seule entreprise. C’est pourquoi nous travaillons en partenariat avec le gouvernement ivoirien, notamment via le Abidjan Legacy Program, des institutions financières, ainsi qu’avec les organisations professionnelles dont la FEPMACI (Fédération des Producteurs de Maïs de Côte d’Ivoire). C’est la conjugaison des forces publiques et privées qui permettra d’apporter des solutions durables.

Le jeudi 16 octobre 2025, le monde entier célèbre la journée mondiale de l’alimentation. Quel est votre message à l’occasion de cette Journée ?
Cette journée est très importante pour nous. Notre message est que l’innovation agricole peut transformer des vies, à condition qu’elle soit inclusive et durable. L’inclusion, en particulier celle des femmes, est essentielle.

Elles jouent un rôle crucial dans la production alimentaire en Afrique, souvent en première ligne dans les champs, les marchés et les foyers. Mais l’innovation ne suffit pas. Il faut des partenariats solides entre tous les acteurs privés, publics, institutionnels et communautaires pour relever ensemble le défi de la sécurité alimentaire.

Face à la croissance démographique et aux défis climatiques, l’agriculture ivoirienne est à un tournant. Comment envisagez-vous son évolution dans les 10 prochaines années ?
Je suis optimiste. Je pense que l’agriculture en Côte d’Ivoire va devenir plus technologique, plus verte et plus durable, grâce à l’accès aux entrants de qualité, l’adoption de nouvelles technologies, notamment les semences hybrides, l’accompagnement sur les bonnes pratiques agricoles. Nous sommes convaincus que cette transformation aura un impact positif sur les rendements, la résilience des exploitations et la vie des producteurs.

Pour conclure, avez-vous un dernier message à partager ?
Ce que nous faisons chez Bayer en Côte d’Ivoire et dans la région va bien au-delà de l’agriculture et de la sécurité alimentaire.

Il s’agit de créer des opportunités durables, de renforcer les capacités locales, et surtout, de mettre les petits producteurs au cœur de la transformation agricole . Nous réaffirmons notre engagement à accompagner les producteurs, à promouvoir des solutions durables, et à faire de l’agriculture un moteur de progrès pour tous.

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