Un départ de feu au poste source de Djibi a provoqué, dans la nuit du 22 au 23 mars 2026, de fortes perturbations électriques sur une partie de la commune de Cocody et de Bingerville, mais la situation est en cours de rétablissement progressif et ne concerne pas l’ensemble du territoire.
Un incident grave mais circonscrit
Dans la nuit du 22 au 23 mars 2026, un feu s’est déclaré sur le réseau électrique haute tension du poste source de la Djibi, équipement stratégique pour l’alimentation d’une partie de Cocody et de Bingerville.
L’incendie a été rapidement maîtrisé par les sapeurs‑pompiers, permettant d’éviter une propagation à d’autres installations et d’engager les premières manœuvres de réalimentation dès les premières heures du matin.
Quartiers les plus touchés
L’incident a particulièrement affecté les zones suivantes, alimentées par le poste de Djibi , Riviera (Abatta, Bonoumin, Palmeraie, Faya), Bingerville, Angré, Bessikoi et Djorobité.
Dans ces quartiers à urbanisation rapide, les habitants ont subi des coupures franches, des baisses de tension et d’importantes fluctuations de courant, avec des impacts sur l’activité économique locale et la vie quotidienne.
Des travaux de reprise sous forte contrainte
Dès la maîtrise du feu, les équipes techniques ont engagé des travaux de diagnostic, de sécurisation et de remise sous tension progressive des départs alimentés par le poste de Djibi.
Ces opérations se poursuivent pour remplacer les câbles fragilisés, vérifier l’intégrité des équipements de protection et reconfigurer la charge sur les transformateurs, avec pour objectif un retour à la normale dans les meilleurs délais.
Des équipements sous-dimensionnés face à la poussée démographique
Au‑delà de l’incident ponctuel, cet épisode met en lumière la fragilité d’une partie des infrastructures électriques dans les zones de forte expansion démographique de l’agglomération abidjanaise.
Dans plusieurs secteurs de Cocody et de Bingerville, la croissance rapide des lotissements et des immeubles entraîne une surcharge chronique des transformateurs et des lignes, accélérant le vieillissement des câbles et augmentant le risque de surchauffe et de départ de feu sur les ouvrages existants.
Peut être une image de chauffe-eau
Un problème localisé, pas une panne nationale
Il est essentiel de rappeler que cette perturbation ne concerne pas l’ensemble du territoire national, mais des poches bien identifiées du District d’Abidjan, principalement dans les zones en pleine urbanisation de l’est de la ville.
Le reste du réseau ivoirien fonctionne normalement, et des programmes de renforcement et d’extension des postes haute tension et des capacités de transformation sont en cours pour accompagner l’augmentation de la demande électrique à l’échelle du pays.
En Côte d’Ivoire, la responsabilité de l’anticipation et du financement du renouvellement des infrastructures électriques relève d’abord de CI‑Énergies, bras technique de l’État, tandis que la CIE est surtout chargée de l’exploitation et de la maintenance courante du réseau concédé.
Le rôle de CI‑Énergies (État)
CI‑Énergies planifie l’offre et la demande, conçoit les plans directeurs de développement du réseau et porte la maîtrise d’ouvrage des investissements publics en production, transport et distribution.
Le dimensionnement des postes sources, le renforcement des lignes et le remplacement des équipements en fin de vie dépendent donc de ses arbitrages budgétaires et de la capacité de l’État à investir à temps, ce qui explique les retards d’anticipation dans les zones à très forte croissance urbaine.
Le rôle plus limité de la CIE
La CIE, opérateur privé concessionnaire, a pour mission principale d’exploiter les ouvrages existants : distribuer l’électricité, assurer la maintenance, intervenir sur les pannes et gérer la relation clientèle sur tout le territoire.
Elle n’est ni propriétaire du réseau ni décisionnaire ultime sur les grands investissements structurants ; elle doit composer avec des postes et des lignes parfois sous‑dimensionnés ou vieillissants, ce qui limite sa responsabilité directe dans l’insuffisante modernisation des installations.



