
Le village de Kanga-Nianzé, situé dans la région de l’Agnéby-Tiassa, a accueilli, le samedi 7 juin 2025, une importante délégation de femmes africaines et afro-descendantes dans le cadre d’une visite d’immersion mémorielle. Cette cérémonie s’inscrit dans la dynamique lancée par le mouvement ADWIN (African and African Descendant Women Impact Network), qui a vu le jour les 5 et 6 juin à Abidjan, sous le signe de la solidarité, de l’engagement et de la transmission.
Une visite de recueillement et de réflexion
Conduite par la ministre ivoirienne de la Culture et de la Francophonie, Françoise Remarck, cette visite s’est voulue à la fois un acte de recueillement et de réflexion. Kanga-Nianzé, premier lieu de mémoire de l’esclavage officiellement reconnu en Côte d’Ivoire, représente un site hautement symbolique pour toutes celles et ceux qui portent en héritage les blessures de la traite transatlantique.
Ce déplacement fait écho à une première initiative du 10 mai 2025, lorsque des membres de l’Association des Antillais et Guyanais de Côte d’Ivoire et des invités du Salon International du Livre d’Abidjan (SILA) avaient déjà effectué un pèlerinage similaire dans ce village historique. Ce lieu, empreint de spiritualité et d’histoire, incarne une mémoire partagée entre l’Afrique et sa diaspora.
A travers cette immersion, les participantes ont réaffirmé leur volonté de construire des ponts durables entre l’Afrique et ses diasporas
La journée du 7 juin n’était pas uniquement marquée par l’émotion. Elle a aussi été l’occasion de mettre en lumière les actions concrètes du mouvement ADWIN en faveur de l’autonomisation des femmes africaines et afro-descendantes. À travers cette immersion, les participantes ont réaffirmé leur volonté de construire des ponts durables entre l’Afrique et ses diasporas, dans un esprit de reconnaissance mutuelle et de co-développement.
Prenant la parole, Françoise Remarck a qualifié cette démarche de « projet de haute portée pour l’Afrique et pour l’humanité ». Elle a souligné que la Côte d’Ivoire partage un lien indéfectible avec les descendants d’Africains déplacés par la traite, aujourd’hui pleinement intégrés à la nation ivoirienne. Pour la ministre, ce type d’initiatives contribue à « restaurer la dignité, cultiver la mémoire et promouvoir l’égalité entre les peuples ».
Présence de plusieurs personnalités influentes
La cérémonie a également vu la participation de figures influentes. Euphrasie Kouassi Yao, conseillère du Premier ministre chargée du Genre et coordonnatrice du Compendium des compétences féminines de Côte d’Ivoire, co-organisatrice de l’évènement, était présente aux côtés d’Élisabeth Moreno, ancienne ministre française déléguée à l’Égalité, cofondatrice du mouvement ADWIN. Solange Amichia, vice-présidente de la région de l’Agnéby-Tiassa et directrice générale du CEPICI, figurait aussi parmi les personnalités engagées.
Cette immersion à Kanga-Nianzé aura permis non seulement de raviver une mémoire longtemps occultée, mais aussi de faire émerger une conscience collective et une dynamique d’action en faveur des femmes africaines et afro-descendantes. Une étape de plus vers la réappropriation de l’histoire, au service d’un avenir commun plus juste et plus solidaire.


