Près de cinq ans après le lancement des activités de la Société des transports abidjanais (SOTRA) à Bouaké, les habitants du village d’Allokokro continuent de réclamer l’extension du réseau de bus vers leur localité.
Situé sur l’axe Bouaké-Diabo, le village dénonce une situation qu’il juge incompréhensible, alors que plusieurs autres zones périphériques bénéficient déjà d’une desserte régulière. L’arrivée des premiers bus de la SOTRA dans la capitale du Gbêkê, le 24 septembre 2021, avait pourtant suscité beaucoup d’espoir.
Les populations y voyageaient la promesse d’un transport public plus sécurisé, plus accessible et mieux organisé dans la deuxième ville du pays. Depuis cette date, le réseau de transport urbain s’est progressivement étendu vers plusieurs villages environnants. Des localités comme Pitiessi, Kahankro, Kongodékro, Kouasiblekro, Minankro ou encore Bendèkouassikro disposent aujourd’hui de terminus implantés directement dans leurs villages.
Dans certains cas, l’implication des autorités traditionnelles aurait joué un rôle déterminant dans l’obtention de ces desserts. À Kouassikro, l’intervention du chef canton Faafouè-Gossan, Nanan N’Goran Koffi II, aurait facilité l’implantation du terminus de la ligne 305. À Bendèkouassikro, les démarches menées par le Goli local auraient permis l’arrivée de la ligne 301, désormais prolongée jusqu’à Pitiessi sur l’axe Bouaké-Sakassou.
Exclu du réseau
Pourtant, malgré sa proximité avec la ville, Allokokro reste exclu du réseau. « J’ai fait plusieurs démarches, adressé des demandes au ministère des Transports et au directeur général de la SOTRA pour que les bus arrivent dans notre village mais en vain », a exprimé Nanan N’Dri Yao, chef de village d’Allokokro. Le village, faut-il le souligner, est situé à environ deux kilomètres avant le corridor des forces de l’ordre sur l’axe Bouaké-Diabo, tandis que le terminus actuel de la ligne 302, à la cité CIDT, se trouve à quelque cinq kilomètres. Les habitants estiment que cette absence de dessert pénalise fortement les populations.
Ici il y a des élèves, des étudiants, des qui lèvent très tôt pour aller au collège, au lycée ou à l’université. L’université de Bouaké est située à 5 km du village et parcourir chaque cette distance n’est pas chose aisée pour nos enfants
« Ici il y a des élèves, des étudiants, des qui lèvent très tôt pour aller au collège, au lycée ou à l’université. L’université de Bouaké est située à 5 km du village et parcourir chaque cette distance n’est pas chose aisée pour nos enfants », déplore le chef de village selon qui commerçants et travailleurs qui pratiquent également le tronçon ne sont pas épargnés par ce calvaire. « Ils sont contraints d’utiliser des moyens de transport jugés plus coûteux et moins fiables pour rejoindre quotidiennement le centre-ville », a-t-il dit en substance.
La zone présente pourtant un potentiel de fréquentation important. Outre Allokokro, plusieurs localités voisines comme Takikro, Amanikro et Diabo-Sokoura se trouvent dans le même périmètre, ainsi qu’une unité industrielle. Selon plusieurs témoignages recueillis sur place, une étude aurait été engagée par la société de transport il y a plus de deux ans afin d’examiner la possibilité d’une desserte du village. Mais jusqu’à présent, aucune décision concrète n’a été annoncée.
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Face à cette attente prolongée, certains habitants avancent des explications d’ordre politique. Ils soupçonnent le village d’être marginalisé en raison de sa supposée proximité avec le PDCI-RDA, principal parti d’opposition dans la région. Les populations avec à leur tête le chef Nanan Ndri Yao, lancent désormais un appel au ministre des Transports, Amadou Koné, également maire de Bouaké, ainsi qu’à la direction de la SOTRA, afin qu’une solution soit trouvée pour désenclaver la zone et améliorer la mobilité des habitants.



