Dimanche de Pâques, la paroisse Saint-Jean de Cocody a vécu une célébration liturgique très intense, rehaussée par la présence d’une forte délégation gouvernementale conduite par le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité, également responsable des Cultes. À ses côtés, Mme Anne Ouloto, ministre et fidèle de la paroisse, a partagé ce moment de recueillement collectif.
Selon le général Vagongo Diomandé, la fête de Pâques constitue « le fondement même de la foi de l’Église ». Il a tenu à souligner que le gouvernement, par la volonté du président de la République, a toujours témoigné d’une proximité assumée avec l’ensemble des confessions religieuses. Ce dimanche de résurrection a ainsi été transformé, dans son propos, en « message de recours au gouvernement, message de soutien ». Une invitation adressée à chaque fidèle à prier pour la préservation de la paix, du vivre-ensemble et de cette solidarité qui caractérise la nation ivoirienne. L’édile a formulé le vœu que cette solennité pascale permette à chacun de se sentir pleinement appartenant à la même communauté nationale. Des paroles qui, dans le contexte actuel, résonnent comme un rappel à l’unité.
L’appel du clergé à une véritable famille spirituelle
Du côté du clergé paroissial, l’accueil réservé à la délégation ministérielle a été empreint d’une profonde gratitude. Le célébrant a tenu à rappeler que le ministre, tout au long de la cérémonie, « a respecté dignement tous les gestes de la messe », communiant avec simplicité et ferveur. Une attitude saluée comme un signe de considération envers la communauté chrétienne, mais aussi envers le président de la République, dont la présence spirituelle a été plusieurs fois évoquée. Le prêtre a exprimé le souhait que le Seigneur inspire les décisions du ministre, appelant surtout à ce que la paix règne durablement entre les différentes confessions religieuses. « Que cette paix devienne une religion pour nous ici en Côte d’Ivoire », a-t-il lancé, en invitant à l’idéal d’une véritable famille unie par la foi. Une manière de rappeler que la diversité religieuse ne saurait être un motif de division, mais bien une richesse à cultiver dans le respect mutuel. La bénédiction finale, solennelle et vibrante, a prolongé ce message d’espérance : « Que Dieu notre Père nous fasse sortir de nos tombeaux de peur, de doute, d’incertitude et de haine. » Une prière collective pour que tous deviennent des témoins de l’amour, de la paix et de la fidélité, allant « de victoire en victoire ». Mais c’est sans doute l’homélie qui a offert le contraste le plus saisissant avec la solennité habituelle des célébrations religieuses.
La résurrection est le « terminus » de l’échec, la garantie d’une victoire définitive sur les forces adverses.
Le prédicateur a revisité le récit de la résurrection avec un style imagé, volontiers décalé, qui a captivé l’assemblée. Marie-Madeleine découvrant le tombeau vide, Pierre et Jean courant jusqu’au sépulcre : tous les épisodes ont été transfigurés par un langage empruntant à la culture populaire, aux références footballistiques et à l’humour. « Jésus a fait du Pro, la mort elle-même était étonnée », s’est exclamé l’orateur, provoquant sourires et adhésion. Une manière de rendre accessible le mystère pascal sans en affaiblir la portée. Au-delà de la verve, l’homélie a délivré un message de confiance : la résurrection est le « terminus » de l’échec, la garantie d’une victoire définitive sur les forces adverses. Une parole réconfortante pour ceux qui traversent des épreuves personnelles ou professionnelles. La communauté paroissiale a tenu à remercier chaleureusement les personnalités présentes, dont le ministre Vagondo Diomandé, salué pour sa proximité avec l’Église catholique. Une présence discrète mais significative, qui montre la volonté gouvernementale de maintenir un dialogue suivi avec les guides spirituels. En cette journée de Pâques, la paroisse Saint-Jean de Cocody a ainsi offert un visage de la Côte d’Ivoire où la foi, l’humour et l’engagement civique se sont donné rendez-vous. Une célébration sous le signe de la vie retrouvée, dans l’espérance d’une nation toujours plus unie.



