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Côte d’Ivoire/ Aéroport d’Abidjan: Amadou Gon maintien un DG en poste malgré ses 68 ans

Depuis le 15 juin 2016, le Directeur Général de l’Autorité Nationale de l’Aviation Civile, SILUE Sinaly a atteint l’âge de départ à la retraite. Mais contre toute attente, alors que des personnes dans les mêmes conditions, ont été appelées à faire valoir leurs droit à la retraite, SILUE Sinaly joue les indéboulonnables à la tête de l’ANAC.

Qui protège SILUE Sinaly, Directeur Général de l’Autorité Nationale de l’Aviation Civile, pour qu’il refuse de partir à la retraite ? Cette question que se posent tous les agents de l’ANAC, reste pour le moment sans réponse. Car depuis le 27 juillet 2016, ces derniers ont adressé un courrier au Président de la République Alassane Ouattara via le ministère des transports, pour attirer l’attention des autorités sur ce qu’ils qualifient d’injustice au sein de l’Autorité Nationale de l’Aviation Civile (ANAC). En effet, bien qu’ayant dépassé l’âge de départ à la retraite fixé à soixante-cinq (65) ans, SILUE Sinaly reste solidement maintenu à la tête de l’ANAC. En Côte d’Ivoire, le décret n°2012-652 du 11 juillet 2012 fixe la date de départ à la retraite à 65 ans pour les fonctionnaires et agents de l’état de la catégorie A4 à A7. Né le 15 juin 1951 à Adjamé, le fils de SILUE Poro Amadou et de Bintou Sanogo a fêté ses 65 ans le 15 juin dernier.

Silué Sinaly, occupe toujours son poste de DG de l’ANAC

Depuis 2011, M. SILUE Sinaly devait faire valoir ses droits à la retraite. En effet, le décret de prolongation de l’âge de la retraite à 65 ans est rentré en vigueur depuis le 1er janvier 2012. Bien avant cela, l’âge maximum de départ à la retraite était fixé à 60 ans. Du coup, depuis le 15 juin 2011, M. SILUE Sinaly devrait être à la retraite. Et pourtant, ce ne fut pas le cas. L’actuel DG de l’ANAC a bénéficié d’une « tolérance » pendant huit ans. Ce grâce au soutien dont il bénéficie de la part de mentor, l’actuel premier ministre, Amadou Gon Koulibaly. Pour dire merci à son mentor, Monsieur SILUE Sinaly a nommé la petite sœur du premier ministre, COULIBALY Siramane Tiepe, comme chef de bureau qualité à l’ANAC. Les agents de la structure ne veulent plus accepter cette injustice. Ils demandent aux autorités ivoiriennes de prendre les dispositions pour la nomination d’un nouveau directeur.

On aura tout vu dans cette Côte d’Ivoire version Ouattara. Aveuglés par la course au rattrapage ethnique, les « républicains à l’ivoirienne» font fi des lois et autres décrets qui régissent le pays pour privilégier leurs protégés. Ici on se donne à cœur joie dans la pratique du « deux poids deux mesures ». Quand un cadre d’une autre région que celle du nord atteint l’âge requis par la loi, il est immédiatement appelé à faire valoir ses droits à la retraite. Récemment, le gouvernement ivoirien a essayé de mettre fin à toutes les spéculations sur le débarquement de Georges Philippe Ezaley en évoquant la mise à la retraite de ce dernier. Une raison battu en brèche par le concerné.

« J’ai entendu dire qu’on me révoquait comme DG parce que j’étais admis à faire valoir mes droits à la retraite. Je m’inscris en faux. C’est comme s’ils m’ont vieilli en âge au niveau du conseil des ministres parce que même si je suis dans mon année de retraite, je ne suis pas encore à la retraite. Ça c’est d’un. De deux, mon employeur c’est la SODEXAM. Et à la pratique à la SODEXAM, c’est qu’on ne part jamais à la retraite en cours d’année. C’est toujours à la fin de l’année. Trois, en tant que DG, normalement si on regardait cette question d’âge, en tant que manager social, il y a plein d’exemples. Par exemple le DG de l’ANAC, il est à la retraite depuis trois ans, mais il est toujours en activité », a précisé l’ancien maire de Grand Bassam.

Les exemples sont nombreux. En décembre 2015, M. KRA Koffi Pascal, un cadre du centre de la Côte d’Ivoire, directeur général du bureau national d’étude technique et de développement (BNETD) a été sommé de partir à la retraite dès l’âge atteint. Il a été remplacé le 4 janvier 2016 par Coulibaly KINAPARA, un cadre du nord. Selon des sources bien introduites, c’est le même scénario qui s’est produit à la direction générale des impôts. En effet, malgré les prouesses qu’il a réalisées à la tête de cette structure financière, Pascal Kouakou ABINAN a été obligé de partir de la tête de la direction des impôts parce qu’il a atteint l’âge de départ à la retraite. Son militantisme au Rassemblement des Houphouëtistes pour la démocratie et la Paix et son soutien à Ouattara lui ont permis de sauver les meubles avec le portefeuille de ministre de la fonction publique et de la modernisation de l’administration. Son successeur n’est autre que Ouattara Sié Abou, un cadre du nord.

Voici l’image de la future Côte d’Ivoire que veut bâtir le prétendant à la magistrature suprême Amadou Gon Coulibaly. Un pays où tout le monde devra se plier aux lois, sauf les protégés du mentor Gon 1er. Le potentiel successeur d’Alassane est en train de montrer, ainsi aux Ivoiriens les signaux de sa gestion de la Côte d’Ivoire, une fois qu’il sera aux affaires. Une Côte d’Ivoire où une catégorie de fonctionnaires devra se soumettre au décret 2012-652 du 11 juillet 2012 qui fixe la limite d’âge maximal statutaire de départ à la retraite des personnes civiles de l’Etat à 65 ans. Pendant que l’autre catégorie qui comprend les parents, amis et protégés du Président n’iront à la retraite qu’au bon vouloir de ce dernier. Telle sera la Côte d’Ivoire « made by Gon ». Rattrapage ethnique, pas de départ à la retraite pour les proches du Président, prise en otage de l’administration, etc… seront au menu de la gouvernance du Président ( ?) Gon.

AFRICADAILY

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