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Décès de Tatiana kosseré: Dj Kerozen, Bebi Philip et Venom se ridiculisent chez Makosso

Il y a eu en Côte d’Ivoire une époque où les wôyôs étaient très sollicités dans les funérailles. Pour ceux qui ne le savent pas, les wôyôs sont les premiers zougloumans dont la particularité est de chanter au tam-tam et en improvisation. En prestation dans les requiems, ils sortent des mélodies inédites en rapport avec le défunt et sa famille. On les écoute, transportés, soulagés, tellement leur contribution parle à l’âme. A’salfo du groupe Magic Systèm dont on dit que c’est le meilleur wôyôman en a fait son choux gras dans les années 95, au même titre que Yodé, Vieux Gazeur etc.

Aujourd’hui, le coupé décalé semble avoir ravi la place au zouglou. Parti pour présenter ses condoléances au général Makosso pour le décès de son épouse Tatiana survenu le 28 mars, l’artiste Debordo Leekunfa s’est illustré avec un chant improvisé, en conformité avec l’esprit funèbre du moment, touchant profondément le veuf et ses enfants.

Comme un wôyô, de façon professionnelle, Le mimi, comme il se surnomme, a su improviser en fonction de la circonstance : « Makosso yako oh, ta femme est à présent à côté de Dieu, dans la lumière éternelle… Elle va veiller sur vos enfants car elle est toujours là… »

Contrairement à Debordo Leekunfa, DJ Kerozen, Venom et Bebi Philipp ont, à tour de rôle, chanté les titres de leurs répertoires comme s’ils étaient à un anniversaire.

Kerozen de commencer avec cette mélodie sous les yeux hagards des enfants de Makosso : « le pétrole du village est devenu Kerozen iyo lélélé !» quand Venom poursuit aussitôt avec : « Tu es jaloux si tu m’envies c’est que tu es dans pain. Parce que quand je galérais là tu n’enviais pas ma galère oh. Laissez-moi vivre ma vie, il fait chaud dans cercueil on ne sait pas quand on va mourir oh. » Bebi Philippe lui termine avec cet air de fête : « J’ai eu en si peu de temps ce que je n’aurais pu imaginer, il m’a élevé faisant de moi un chevalier… » Heureusement qu’à la partie ambiante de sa chanson où il parle de son envie de danser, il change les paroles à temps pour demander à Dieu de fortifier Makosso…

En changeant les dernières paroles de sa chanson, Bebi Philippe fait lui même l’aveu qu’il y a un registre de chant à adopter en fonction des circonstances.

Et ce n’est donc pas en de pareils moments qu’un artiste devrait dire à un veuf : ”il fait chaud dans cercueil”, comme le fit Venom. Ce n’est aussi pas l’occasion de venir parler de son triomphe, de sa réussite sociale, comme l’a fait Kerozen. C’est plutôt l’occasion de réconforter la famille et de s’axer aussi sur des réflexions au sujet de la quintessence de la vie.

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