05302026Headline:

Lutte contre le racket en Côte d’Ivoire: 33 barrages routiers sont désormais autorisés

Le secteur des transports et de l’économie en Côte d’Ivoire sont en roues libres. L’Observatoire de la Fluidité des Transports (OFT) a publié récemment la cartographie officielle et restrictive des postes de contrôle routier sur l’ensemble du territoire national. Désormais, seuls 33 barrages routiers sont autorisés.

Il s’agit pour les autorités d’assainir les corridors routiers, d’éradiquer les barrières illégales qui étranglent les opérateurs économiques, et fluidifier la circulation des personnes et des marchandises. Tout barrage en dehors de cette liste est strictement illégal. Une décision saluée par les syndicats de transporteurs et les acteurs économiques, qui y voient une bouffée d’oxygène pour la compétitivité du pays.

Une cartographie claire pour restaurer l’ordre public
Pour mieux encadrer ces contrôles, l’OFT a sectorisé les 33 barrages légaux à travers les grands corridors du pays. Selon la répartition officielle géographique, la zone Nord compte neuf barrages repartis dans les villes de Tiéfinzo, Tengréla, Pogo, Minignan, Ouangolodougou, Boundiali, Ferkessédougou, Odienné et Korhogo. Dans la zone Nord-Est, ce sont dans les villes Doropo, Bouna et Bondoukou que seront érigés ces barrages.

Au Centre, c’est à Touba, Mankono, Niakaramandougou, Séguéla, Bouaké et Yamoussoukro. A l’Ouest, l’on pourrait les retrouver à Man, Danané, Duékoué, Toulepleu et Daloa. A l’Est, on les retrouvera à Agnibilékrou et Abengourou. Et enfin dans la zone Sud huit barrages seront érigés à Gagnoa, Soubré, Elibou, Aboisso, Abidjan, Noé, San Pedro, et Tabou. Cette disposition vise à redonner confiance aux usagers de la route. Pour accompagner cette mesure sur le terrain, l’OFT invite les citoyens à signaler toute anomalie ou tentative de racket via son Centre d’Alerte et d’Assistance à la Fluidité (CAAF) au numéro vert : 86090.

Un coup de fouet pour l’économie
La réduction drastique et la centralisation des barrages routiers vont générer un impact économique positif immédiat à plusieurs niveaux. Jusqu’à présent, la prolifération des barrages anarchiques fonctionnait comme une taxe informelle sur le transport. Les “faux frais” payés illégalement par les camionneurs étaient systématiquement répercutés sur le prix final des biens de consommation (ignames, bananes, ciment, produits manufacturés).

En éliminant ces barrières parasites, les coûts de transport vont chuter, entraînant par effet de ricochet une baisse du coût de la vie pour les ménages ivoiriens. Le temps, c’est de l’argent, dit-on. Pour les produits d’exportation stratégiques comme le binôme café-cacao ou l’anacarde, chaque heure perdue à un barrage illégal représente une perte de qualité et d’argent. Des trajets plus rapides vers les ports d’Abidjan et de San Pedro renforcent la position de la Côte d’Ivoire comme le hub logistique incontournable de l’Afrique de l’Ouest.

Dynamisation du commerce régional
En tant que porte d’entrée pour les pays enclavés de l’hinterland (Mali, Burkina Faso, Niger), la Côte d’Ivoire se doit d’offrir des corridors fluides.

Cette réforme va accélérer le trafic transfrontalier, encourager les investissements directs étrangers et sécuriser les recettes douanières de l’État en centralisant les contrôles là où ils sont vraiment nécessaires. Cette initiative courageuse de l’OFT et du Ministère des Transports mérite d’être vigoureusement saluée. En instaurant une tolérance zéro face au racket routier, le gouvernement ivoirien pose un acte fort de bonne gouvernance.

 

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