Des affrontements entre l’armée sénégalaise et le MFDC ont contraint des populations à fuir plusieurs localités casamançaises vers des communautés d’accueil gambiennes, dans un contexte d’intensification des opérations militaires dans la région.
Le Centre de Coordination du mécanisme national d’alerte précoce et de réponse (NCCRM) de Gambie a lancé samedi une alerte sécuritaire urgente, signalant des déplacements de population à la frontière casamançaise, consécutifs à des affrontements entre les forces armées sénégalaises et des éléments du Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC).
Selon le communiqué daté du 21 mars 2026, des civils ont fui les localités casamançaises de Jakine, Kamosorr, Batendeng, Ajapineh, Kayenga et Giffanga, pour se réfugier dans les communautés gambiennes de Tampoto, Kabocorr et Sibanor. Le nombre total de personnes affectées n’a pas encore été établi.
Le NCCRM, qui suit la situation en collaboration avec les parties prenantes concernées, a mis en garde contre des risques humanitaires et des enjeux de protection nécessitant une vigilance soutenue. L’institution a fortement déconseillé tout déplacement non essentiel vers les zones frontalières concernées et appelé les populations à se conformer aux directives des services de sécurité.
Cette alerte intervient dans un contexte d’intensification des opérations militaires sénégalaises dans le nord du Sindian, en zone militaire n°5. Trois soldats sénégalais y ont péri mardi dans une explosion accidentelle survenue lors d’opérations de destruction de champs de chanvre indien menées près de la frontière gambienne, a annoncé la Direction de l’information et des relations publiques des Armées (Dirpa). Trois autres militaires blessés ont été évacués et pris en charge.
La Dirpa a précisé que ces opérations, lancées depuis plus d’une semaine, avaient permis de neutraliser plusieurs individus appartenant à des bandes armées impliquées dans la culture de chanvre présentée comme une menace pour la sécurité des populations locales. L’armée sénégalaise a indiqué que ses unités poursuivaient leurs missions dans la zone.
Les chefs communautaires gambiens sont exhortés à promouvoir le calme, à décourager la diffusion d’informations non vérifiées et à faciliter la coordination avec les acteurs humanitaires. Le NCCRM a annoncé qu’il continuera de fournir des mises à jour régulières.
Les deux pays partagent une frontière poreuse au cœur d’une région où le MFDC mène une insurrection de basse intensité depuis plusieurs décennies.



