
Avec le manque de pluie, économiser l’eau est devenu fondamental. L’une des pistes est de favoriser l’irrigation. Un concept que Serge Zaongo, jeune ingénieur du Burkina Faso, a fait sien grâce à un système d’irrigation intelligente : « Nous avons des sondes au niveau du terreau. Et ces sondes nous renseignent constamment sur le niveau d’humidité. Donc, ça veut dire qu’on ne déclenche l’irrigation que lorsque la plante a besoin d’être arrosée. Ça évite le gaspillage d’eau. Ça permet de faire des prédictions sur la quantité qu’il lui faudra pour la saison prochaine. »
Une solution qui fait écho aux besoins de Denis Okello, le jeune agriculteur ougandais : « Ce système d’irrigation m’aiderait à mesurer la quantité d’eau nécessaire pour mes cultures, car lorsque je les fais pousser, je voudrais pouvoir calculer et donc connaître le délai de leur rendement. »
Une solution qui pourrait trouver tout son sens, car d’après l’Organisation mondiale de la santé, plus de la moitié de la population dans le nord de l’Ouganda est touchée par l’insécurité alimentaire.
« On peut utiliser le digital pour aller beaucoup plus vite »
De manière plus générale, le numérique pourrait être un allié précieux pour les agriculteurs du continent, selon Sylvère Boussamba, fondateur de l’ONG Ogooué Labs au Gabon. « Nous n’avons pas encore exploité la totalité de ce que la nature est capable de nous donner comme information, explique-t-il. Mais en utilisant le digital et tout le savoir ancestral qu’ont les Africains, on est capable avec la technologie d’avoir un avantage sur d’autres zones où on n’est pas vraiment informé sur l’état des sols ».
Il poursuit : « Je prends un exemple : on a découvert une sorte de champignon en Afrique centrale qui pousse dans les zones agricoles lorsque la terre est prête à être cultivée. Et on voit qu’aujourd’hui, avec l’intelligence artificielle, on peut exploiter les photos de ce champignon, faire passer des drones et identifier très rapidement les zones cultivables. On comprend bien que c’est un moyen de détection naturelle. Mais on peut utiliser le digital pour aller beaucoup plus vite sans nécessairement nourrir la terre d’énormément de produits chimiques qui ont une répercussion sur l’être humain. »


