Le groupe américain Meta, propriétaire de Facebook, Instagram et WhatsApp, a annoncé le lundi 19 septembre avoir interdit aux médias d’État russes d’utiliser ses plateformes à l’échelle mondiale pour prévenir toute « ingérence » étrangère. Cette décision intervient après que le secrétaire d’État américain, Antony Blinken, a accusé, le 13 septembre, la chaîne RT de participer à des actions de déstabilisation, la qualificative de « branche » du renseignement russe.
« Après mûre réflexion, nous avons étendu nos mesures contre les médias d’État russes », a déclaré Meta en réponse à une question de l’AFP. Le groupe a ajouté que Rossia Segodnia, RT et d’autres entités liées étaient désormais bannies de ses applications dans le monde entier en raison de leurs activités d’ingérence.
Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a vivement exprimé cette interdiction, la qualifiant d’« inacceptable » lors de son point de presse quotidien avec les médias russes et étrangers.
Des sanctions américaines ont récemment été imposées à RT. Environ dix jours auparavant, les États-Unis avaient annoncé une série de mesures ciblant le média russe, notamment des sanctions et des poursuites pénales, en réponse à des tentatives d’ingérence dans leurs élections, qu’ils attribuent à la Russie. Des restrictions de visa ont également été imposées aux membres du groupe médiatique Rossia Segodnia, auquel RT est affilié.
Sur Telegram, Maria Zakharova, porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, a ironisé sur ces sanctions en suggérant la création d’une nouvelle profession aux États-Unis : « spécialiste des sanctions contre la Russie ».
Fondé en 2005, RT est perçu par les Occidentaux comme un organe de propagande au service du Kremlin. Son site web et ses chaînes télévisées diffusent dans plusieurs langues, notamment en anglais, espagnol, français, allemand et arabe.



