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Aboisso: Deux amis arrêtés pour avoir « gbassé » une tenancière de maquis

bandit aux arrets

Adiaké est en passe de revêtir le statut de plate-forme régionale où les malfrats sèment la désolation chez d’honnêtes citoyens. Il ne se passe pas de jour sans que l’appareil répressif de l’État ne soit confronté aux affaires les plus cocasses dans cette partie de l’arrondissement judiciaire du tribunal d’Aboisso.

De fait, l’audience des flagrants délits, du jeudi 5 mars 2015, a été l’occasion de débattre de l’affaire Siéné Philippe, 59 ans, Ghanéen, fabricant d’alcool frelaté, et son compatriote Kodjo Albert, tradi-praticien, âgé de 39 ans. Tous deux sont poursuivis pour charlatanisme et complicité de charlatanisme. C’est suite aux témoignages à la barre de leurs victimes, dame A.L, et de son père, qu’on en saura davantage sur les pratiques malveillantes des mis en cause.

On apprend donc que, quelques jours avant, Kodjo Albert qui connaît bien dame A.L., tenancière d’un maquis à Adiaké, se présente à cette dernière et lui signifie qu’un fétiche, destiné à sa mort, est enterré dans son maquis. Il ajoute qu’il faut immédiatement une séance d’exorcisation aux fins de préserver sa vie. Il conseille alors à la dame apeurée, les services de Siéné Philippe qui lui aussi, faut-il l’indiquer, est propriétaire d’un espace gastronomique. C’est lui qui aurait le pouvoir de déterrer et d’anéantir le fameux fétiche. Un caméléon vivant et un seau sont donc recommandés pour faire le job. Moyennant bien sûr, une forte rétribution.

Affolée, la tenancière de maquis s’ouvre à son père. Et c’est ensemble qu’ils décident d’aller au rituel prétendu salvateur. Mais quelques jours seulement après ce boulot, dame A.L chute lourdement dans son maquis et tombe grièvement malade. Mais comment est-ce possible ? Le mauvais sort qui la guettait, était sensé s’éloigner. Dès lors, le père décide de porter plainte à la police. Il est conforté dans sa démarche par des sources indiquant que Siéné et Kodjo jouissent d’une triste réputation de fieffés truands. Il est mis à leur actif la mort d’un jeune homme, il y a quelques mois, alors qu’ils se sont proposés de le guérir de son mal. Selon les observations du parquet sur le cas de la tenancière de maquis, soit Siéné qui est un concurrent commercial et son comparse Kodjo étaient en mission pour liquider dame A.L. soit ils procèdent par ce type de subterfuges, pour arnaquer leurs victimes. Le mode opératoire des deux hommes serait d’abord d’enterrer incognito un fétiche dans le périmètre de leur cible, avant de proposer de le déterrer, contre une forte prime.

En définitive, reconnus coupables, Kodjo et Siéné prennent 6 mois de prison ferme chacun. Leur victime, elle, craignant certainement leur pouvoir maléfique, refuse de se constituer partie civile.

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