
Ngashi Ngongo, chef de cabinet de l’Africa CDC, a exprimé ses préoccupations lors d’un point presse en ligne. « Cette décision est de haute importance pour l’Afrique », a-t-il affirmé, rappelant que les États-Unis sont parmi les principaux contributeurs financiers à la santé publique sur le continent.
Un financement vital parti en éclat
Si l’impact direct sur l’Africa CDC reste limité, avec moins de 10 % de ses financements provenant des États-Unis, la situation est tout autre pour les États membres de l’UA. De nombreux pays africains bénéficient des fonds du programme américain PEPFAR (Plan d’urgence des États-Unis pour la lutte contre le sida). Ce dernier joue un rôle clé dans la lutte contre l’épidémie de VIH/sida, une priorité sanitaire pour de nombreuses nations africaines.
Selon Ngashi Ngongo, le retrait américain pourrait compromettre ces avancées. « Le PEPFAR est essentiel pour des millions de personnes en Afrique. Sans ce soutien, les efforts pour endiguer le VIH/sida pourraient être gravement affectés », a-t-il averti.
Face à ce désengagement américain, la question d’un remplacement des fonds se pose. Interrogé sur la possibilité que la Chine ou d’autres nations comblent ce manque, Ngashi Ngongo a indiqué que l’Africa CDC resterait ouverte aux propositions de « pays bien intentionnés ». Toutefois, il a souligné l’importance de maintenir une coopération internationale équilibrée pour répondre efficacement aux défis sanitaires.
L’UA recommande la révision de la décision de l’Amérique
La décision américaine a suscité des réactions de l’OMS et de l’UA, qui ont unanimement regretté cette initiative. L’Union africaine a rappelé le rôle fondamental des États-Unis dans la création de l’Africa CDC et leur contribution au renforcement des capacités du continent pour faire face aux pandémies.
« Les États-Unis ont été parmi les premiers soutiens de l’Africa CDC », a rappelé un communiqué de l’UA. Ce partenariat a permis des progrès significatifs dans la détection, la préparation et la gestion des crises sanitaires, comme la récente pandémie de COVID-19.
Le retrait des États-Unis de l’OMS, motivé selon Donald Trump par un déséquilibre dans les contributions financières entre les États-Unis et la Chine, dépasse les seules préoccupations africaines. L’OMS joue un rôle clé dans la coordination internationale face aux crises sanitaires. Une telle décision pourrait affaiblir cette organisation à un moment où la coopération mondiale est à refonder.
Pendant que de nombreux pays africains continuent de lutter contre des défis sanitaires tels que le VIH/sida, le paludisme et la tuberculose, le soutien des grandes puissances reste indispensable. Ngashi Ngongo a lancé avec un appel à la solidarité: « L’Afrique a besoin de partenaires solides pour construire un avenir sanitaire durable.»


