En République démocratique du Congo, l’heure est au ramassage des armes abandonnées dans la ville de Bukavu, passée sous contrôle du M23, soutenu par le Rwanda. Il s’agit d’armes qui auraient été abandonnées par les militaires congolais lors de leur retrait de la ville ou bien distribuées, et qui auraient ensuite été ramassées par des enfants.
Depuis le lundi 17 février, des dizaines de volontaires sillonnent la ville de Bukavu (RDC) pour ramasser ces armes abandonnées.
Sadiki, la vingtaine, est motard ; il s’est joint au nettoyage du quartier Nyalukemba. « J’ai transporté vers le camp Saio, 180 armes que nous avons ramassées, qui étaient utilisées par des enfants. Nous étions une équipe de motards. Pour nous remercier, les M23 nous ont donné deux sacs de farine de 25 kg chacun, explique-t-il. À l’entrée du camp Saio vers le cimetière, nous avons ramassé 16 armes abandonnées dans une guérite. Il y en avait aussi dans le cimetière. »
Des armes ramassées par des enfants
Pour le pasteur Albert Migabo Nyagaza, qui coordonne l’opération avec une vingtaine de chefs de quartier, le temps presse. « Aujourd’hui, nous avons ramassé au moins 200 armes que nous avons ramenées au camp militaire. Nous avons également ramassé des bombes, des cartouches, des uniformes militaires, des radios Motorola, précise-t-il. L’opération n’est pas encore finie. Des chefs d’avenues continuent de nous ramener des armes qui étaient cachées. Nous regrettons que ces armes aient pu se retrouver entre les mains d’enfants. »
Le pasteur interpelle ses concitoyens, face au danger de ces armes qui circulent en ville. En trois jours, quatre personnes ont été tuées par des enfants, dit-il, appelant ceux qui cachent encore des armes à les rendre aux autorités.
Ce jeudi 20 février, une nouvelle journée, consacrée aux travaux communautaires, est prévue pour nettoyer la capitale du Sud-Kivu.



