
Parmi les États concernés déclarés persona non grata, il y a également l’Afghanistan, la Birmanie, l’Iran, la Libye, la Somalie, le Soudan, l’Érythrée, le Yémen et la Guinée équatoriale. Sept autres pays font l’objet de restrictions supplémentaires : le Burundi, Cuba, le Laos, la Sierra Leone, le Togo, le Turkménistan et le Venezuela.
Une action pour la sécurité nationale
Donald Trump se justifie cette mesure par un souci de sécurité nationale, a réagi à l’attaque survenue à Boulder (Colorado) le 1er juin. Un homme y avait lancé des engins incendiaires lors d’un rassemblement en soutien aux otages israéliens à Gaza, blessant douze personnes. Le suspect, entré illégalement sur le territoire américain après l’expiration de son visa, avait demandé l’asile et obtenu un permis de travail.
Cette décision de l’administration américaine n’inclut cependant pas l’Égypte, pourtant pays d’origine du suspect de l’attaque. Le président américain a présenté cette décision comme un prolongement des mesures adoptées lors de son premier mandat. Il a évoqué les précédentes restrictions imposées à des pays à majorité musulmane, affirmant qu’elles avaient permis d’éviter des attaques comparables à celles subies par plusieurs pays européens.
Des exceptions à ces nouvelles interdictions sont prévues, notamment pour les détenteurs de certains visas, ou encore pour les sportifs appelés à participer à la Coupe du monde de football 2026 ou aux Jeux olympiques de Los Angeles en 2028.
Le Venezuela, l’un des pays concernés, a appelé ses ressortissants à ne pas voyager aux États-Unis, qu’il considère désormais comme une destination à « haut risque ». Le National Iranian American Council, par la voix de son président Jamal Abdi, a dénoncé une décision arbitraire et préjudiciable pour de nombreuses familles américaines liées à l’Iran.
À l’ONU, Washington s’oppose à un cessez-le-feu à Gaza
Dans le même temps, l’administration Trump a opposé son veto à une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies réclamant un cessez-le-feu immédiat à Gaza. Il s’agissait de la première position ferme de cette nouvelle présidence sur le conflit entre Israël et le Hamas. Le texte soutenu par 14 des 15 membres du Conseil réclamait un arrêt des combats, la libération des otages, et l’accès sans entrave de l’aide humanitaire à Gaza. Seuls les États-Unis s’y sont opposés.
L’ambassadrice américaine par intérim, Dorothy Shea, a déclaré que la résolution risquait de compromettre les efforts diplomatiques et qu’elle ne prenait pas en compte les actions du Hamas. De son côté, le représentant palestinien à l’ONU, Riyad Mansour, a dénoncé un veto « historique » qui empêche une réponse humanitaire urgente.
Son homologue israélien, Danny Danon, a quant à lui critiqué un texte « déséquilibré » qui, selon lui, ne tient pas compte des réalités sur le terrain. Le Conseil de sécurité reste paralysé sur le dossier depuis plusieurs mois. La dernière résolution, adoptée en juin 2024, proposait un plan de cessez-le-feu en plusieurs étapes, mais ce dernier n’a jamais abouti. Depuis le 19 mai, Israël autorise à nouveau l’entrée de camions d’aide de l’ONU dans Gaza. Mais les quantités restent très limitées, selon les agences humanitaires.


