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Protection des océans et BBNJ : Pas de bleu, pas de vert (Sommet de Nice)

Pas de bleu, pas de vert. Pas d’océan, pas de nous. Le sommet de Nice a dévoilé les contradictions de la protection marine. Les océans ne peuvent plus attendre. Produits acidifiés, plastique et surpêche, les océans sont gravement étouffés. Pendant que l’homme détruit très sportivement son biotope marin, et la conscience prise de conscience assortie d’actions concrètes tardent à suivre les pas.

A Nice, la 3ᵉ Conférence des Nations Unies sur l’Océan (UNOC 3) rappelle les engagements des différentes parties en la planète. Présenté comme celui de la « dernière chance », l’UNOC 3 est animée en temps d’urgence climatique. Les océans, qui absorbent plus de 90 % de la chaleur excédentaire due aux activités humaines, montrent des signes d’épuisement. La mer est un régulateur vital, mais on la traite comme une poubelle.

UNOC des urgences
La Conférence a réaffirmé l’objectif de protéger 30 % des océans d’ici 2030, conformément aux accords de Montréal (COP15). Sur le terrain, les progrès ne décollent guère. Seulement 0,03 % des eaux françaises bénéficient d’une protection stricte, selon les ONG. Il est annoncé une extension des aires marines protégées (AMP), passant de 4 % à 14 % des eaux françaises.

L’occasion de revenir sur l’Accord portant sur la conservation et l’utilisation durable de la diversité biologique marine des zones ne relevant pas de la juridiction nationale, dit « Accord BBNJ » ou plus communément « Traité sur la haute mer ».
Un décollage salué. Permettre le chalutage de fond dans certaines AMP est un point noir. Contrairement à la Grèce, qui prévoit une interdiction totale du chalutage d’ici 2030, la France se limite à des restrictions partielles. La mer n’est pas une ressource inépuisable, c’est un système vivant à bout de souffle. Le sommet a permis des avancées symboliques, comme le soutien de 70 pays à un moratoire sur l’exploitation minière en eaux profondes. Un mécanisme de suivi des engagements océaniques a aussi été créé, piloté par l’ONU et l’UNESCO. L’océan est un bien commun de l’humanité. Il faut sortir de cette logique de pillage. La conférence s’achève et la question demeure. Les promesses se traduiront-elles en actes ?

Conférence de Nice
L’Accord BBNJ (Biodiversity Beyond National Jurisdiction) vise à protéger la biodiversité marine dans les zones situées au-delà des juridictions nationales, tant dans la haute mer que dans la zone internationale des fonds marins. Fruit de longues négociations, le texte a été finalisé le 4 mars 2023, adopté par consensus le 19 juin 2023, puis ouvert à la signature le 20 septembre 2023 lors de l’Assemblée générale des Nations Unies.

À la date du 8 juin 2025, 116 États avaient signé le traité. Toutefois, ce chiffre ne suffisait pas à le rendre applicable. Pour entrer en vigueur, l’accord doit en effet avoir été ratifié par au moins 60 États, un seuil loin d’être atteint puisque seuls 32 instruments de ratification avaient été déposés à cette date.
Ce retard s’explique par des procédures nationales de ratification souvent complexes, parfois freinées par des contextes politiques internes. En France, par exemple, la dissolution de l’Assemblée nationale en 2024 a repoussé l’adoption du traité. C’est l’Espagne qui a été le premier grand pays européen à ratifier l’accord, suivie de la France le lendemain, faisant de l’Hexagone le 16e État partie. Malgré ce léger retard, la France reste un acteur moteur de la mobilisation internationale, comme l’a rappelé le Président de la République lors du Sommet SOS Océan de mars 2025, aux côtés de la coalition d’ONG High Seas Alliance.

Ces derniers mois, les ratifications se sont accélérées. Entre février et mai 2025, leur nombre a doublé. Le 28 mai, sept ratifications supplémentaires ont été enregistrées, dont celles de l’Union européenne et de six de ses États membres, bientôt rejoints par la Roumanie. L’UE, compétente dans le domaine de l’environnement, a dû déposer une déclaration précisant le partage de compétences avec ses États membres, conformément à l’article 67 de l’accord.

Parmi les États déjà parties figuraient aussi plusieurs pays insulaires particulièrement vulnérables aux impacts du changement climatique, ainsi que des États d’Amérique latine et d’Asie. Si l’objectif restait d’atteindre les 60 ratifications avant la Conférence des Nations Unies sur l’Océan, la mobilisation, bien que dynamique, restait encore insuffisante à la veille de la rencontre à Nice.

 

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