
Le président chinois Xi Jinping, entouré de plusieurs dirigeants étrangers, dont Vladimir Poutine et Kim Jong-un, a présenté un arsenal modernisé duquel on peut apercevoir l’aisance des innovations technologiques et des ambitions stratégiques. Cette parade autant symbolique que militaire, témoigne de la volonté de la Chine d’affirmer son rôle de grande puissance face aux États-Unis et l’Occident. Parmi les invités de marque figuraient notamment plusieurs chefs d’État et de gouvernement issus d’importance régions. Cette présence internationale confèrait à la cérémonie une résonance diplomatique majeure.
Des armements à la pointe et des innovations dévoilées
La parade a permis de présenter officiellement le nouveau missile antinavires YJ-15, capable d’être lancé depuis des navires ou des avions et conçu pour frapper de grands bâtiments avec une grande précision. Le nom des missiles YJ, signifiant « attaque d’aigle » en chinois, incarne la puissance et la rapidité recherchées par l’armée chinoise. D’autres versions, telles que les YJ-17, YJ-19 et YJ-20, pourraient être hypersoniques, ce qui signifie qu’elles peuvent atteindre une vitesse supérieure à cinq fois celle du son, apportant un avantage stratégique certain.
Parmi les nouveautés figure également un véhicule sous-marin sans pilote extra-large (XLUUV), baptisé AJX002. Ce drone maritime de plus de 18 mètres de long opère en mode furtif, renforçant la domination de Pékin dans le domaine des technologies navales autonomes. Cette flotte de drones marins est déjà diversifiée et en constante expansion.
Le défilé a aussi présenté trois missiles balistiques intercontinentaux à capacité nucléaire : le Dong Feng-61, le Dong Feng-31BJ et le Dong Feng-5C. Ces armes stratégiques complètent le système JL-1, premier missile nucléaire lancé depuis un avion en Chine, signe d’une diversification de sa capacité de dissuasion.
Le DF-5C, présenté comme le fleuron de la gamme, dispose d’une portée annoncée de plus de 20 000 kilomètres, plaçant ainsi virtuellement chaque point du globe à portée de frappe chinoise. Ce missile pourrait transporter jusqu’à une douzaine d’ogives, capables d’être dispersées selon des trajectoires différentes.
Défense antimissile, lasers et technologies furtives
La parade a aussi révélé des systèmes de défense aérienne avancés, notamment le HQ-29, capable d’intercepter des missiles à 500 kilomètres d’altitude, en dehors de l’atmosphère terrestre, ainsi que des satellites en orbite basse. Ce système contribue à renforcer la protection du territoire chinois contre d’éventuelles menaces spatiales. Pékin a introduit le Laser LY-1, une arme à énergie dirigée pouvant concentrer une puissance sur une cible sans nécessiter de projectile. Cette technologie exemplifie la montée en gamme des capacités chinoises dans le domaine des armes non conventionnelles.
Malgré cette démonstration, plusieurs équipements très sensibles, notamment liés à l’intelligence artificielle et à certains drones furtifs, n’ont pas été exposés, restant classifiés ou en cours de développement. L’intelligence artificielle apparaît comme une priorité principale pour la Chine dans la guerre moderne, permettant de traiter en temps réel des données sur le champ de bataille et d’appuyer la prise de décision.
Une dissuasion nucléaire renforcée et une stratégie globale
Selon l’expert en dissuasion nucléaire Étienne Marcuz, cette parade reflète la volonté de la Chine d’asseoir une dissuasion complète, dite triade, combinant capacités terrestres, navales et aériennes. L’introduction du missile balistique aéroporté JL-1, différent des missiles de croisière utilisés ailleurs, offre une vitesse et une altitude de vol difficiles à intercepter, ce qui est un atout stratégique fondamental.
Le missile DF-61, présenté comme une surprise, pourrait comprendre des planeurs hypersoniques ou des technologies capables de déjouer les systèmes de défense antiaérienne avancés tels que le Dôme d’or américain, système de défense par satellites visant à neutraliser des missiles durant leur phase de lancement. Le HQ-29, quant à lui, vise spécifiquement les missiles intercontinentaux adverses, garantissant la sécurité des centres de commandement chinois contre une attaque nucléaire. Ces avancées témoignent d’un effort important de Pékin pour anticiper et contrer les évolutions technologiques américaines.
La montée en puissance face aux États-Unis
Longtemps dotée d’un arsenal nucléaire limité, la Chine vise aujourd’hui à multiplier ses têtes nucléaires pour atteindre environ 1 000 unités d’ici 2030, contre environ 600 actuellement, face à 4 380 pour la Russie et 3 708 pour les États-Unis. Ce réarmement s’explique par la nécessité de compenser les avancées américaines en matière de défense antimissile, afin de maintenir un équilibre stratégique. Cette démonstration militaire, loin d’être uniquement technologique, porte sur une Chine qui entend rivaliser à armes égales avec les deux grandes puissances nucléaires, en affirmant son rôle incontournable dans les enjeux globaux, notamment dans la région Asie-Pacifique.
Xi Jinping a souligné dans son discours que « la renaissance de la nation chinoise est inarrêtable » et que la paix et le développement resteront des causes majeures, même au cœur de cette montée en puissance militaire.
Le défilé du 3 septembre 2025 a mis en scène une armée chinoise modernisée, riche de nouvelles capacités tant offensives que défensives, et en marche vers une posture stratégique plus autonome et complète. Cette démonstration s’inscrit dans une période où Pékin cherche à renforcer sa stature face aux États-Unis, tout en consolidant ses alliances régionales et internationales.


